Pieds dans la boue et crocos

1er au 3 septembre 2018

Au nord de l’Argentine, c’est les tropiques ! A Posadas, on se retrouve dans une ambiance d’Asie, moite, avec les trottoirs hauts et les scooters partout. Posadas, c’est la grande ville avant d’aller se jeter dans le Parque Ibera, un parc de marécages à moins de 200 bornes de là.

On l’a tellement mal préparée, cette étape ! On avait sagement calculé nos itinéraires sur Google Maps, réservé une petite voiture pas trop cher chez Hertz, et une Cabanas pour deux nuits le temps de faire le tour du parc. Classique, quoi. Mais personne ne nous avait prévenu qu’à Ibera, il pleut vraiment, vraiment beaucoup. Trop pour la route de terre menant au parc, transformée en marée de boue. Que les 200 bornes, elles prennent 5 à 7 heures à couvrir. Et que le parc ne se visite pas vraiment en voiture, malgré la taille.

On a donc abandonné l’idée de la petite voiture, et le taxi depuis l’aéroport nous a trouvé une chauffeur au pied levé, qui est arrivée dans sa Toyota à double levier de vitesse. Le budget a grimpé d’un seul coup, et on a démarré. Il était 14h.

Au début je me disais : faut jamais écouter les locaux, ils exagèrent toujours ; cette route est super, bien damée et couverte de petits cailloux ; parfaite pour une petite caisse ! Quelle arnaque ! Puis la route s’est dégradée, les flaques s’agrandissaient sur les bas côtés. Je pensais : ouais, j’aurais peut-être dû louer un 4×4, et je serais passé. Bizarre qu’ils n’en offrent aucun à la location à Posadas… Des forêts de pins plantés en rangs bien droits bordaient la route, dont le tronc est entaillé pour récolter la sève. Puis les pins se sont arrêtés subitement, la route est devenue un peu plus convexe encore, l’eau et les roues des voitures précédentes creusant des ornières et obligeant à conduire au milieu de la route et à donner des coups de volant à droite, à gauche, en continu, afin de rester dans la track. Puis on a glissé, et on s’est embourbé. Cecilia a enclenché son petit levier de vitesse et elle a accéléré, faisant glisser la voiture en crabe jusqu’à retrouver le milieu de la piste 150 mètres plus loin. D’un seul coup, ce budget chauffeur m’a paru une vraie aubaine : jamais je n’aurais été capable de m’en sortir comme elle, j’aurais fini les pieds dans la glaise à pousser. Certain.

Puis la nuit est tombée, les filles montraient une patience exemplaire depuis des heures. Devant nous, des fermiers du coin s’embourbaient avec deux vieux camions à traction, qu’ils sortaient du fossé et réparaient tous les 300 mètres. On a suivi au pas. On est arrivés à 19h ! Journée foutue. Heureusement que notre cabanas nous attendait pour se poser et qu’Ibera compte une bonne table pour souper.

Le lendemain, notre seul jour dans le parc finalement, on a franchi le pont nous reliant à l’île

et on est allés à l’entrée où il y avait une passerelle offrant un bel aperçu de la faune : les Capibarras, des petits et grands oiseaux, des biches, et nos amis les caïmans, brrr…

On a marché dans la forêt tropicale

puis on a pris un tour en bateau dans le marécage pour aller voir les bébêtes de plus près.

Des espèces de poules d’eau s’y promènent en couple sur les berges

Ce qui fait doublement saliver nos amis, guettant silencieusement depuis l’eau

Autre ami des marécages, les Capibaras doivent manger 50 kilos de feuilles par jour pour user leurs dents qui poussent en continu

Pleins d’oiseaux habitent la réserve, dont cette fière cigogne

Des cormorans noirs aussi, vivants en clans sur des îlots de branches, et des cerfs d’Argentine, au pelage pelucheux

La ville d’Ibera n’est pas super développée : une partie de l’électricité est produite ici par un gros moteur diesel qui s’entend depuis n’importe où ; il y a plusieurs kiosko qui font office de dépanneurs et ajoutent quelques activités genre boucherie ou boulangerie selon la compétence du tenancier ; mais les habitants doivent généralement aller se ravitailler à Mercedes, à une centaine de kilomètres, sur chemin de terre.

On a repris la route le lundi matin, avec Cécilia encore une fois, pour rentrer à Posadas puis partir vers Iguazú. Elle a dû essuyer les phares couverts de boue, une fois arrivée à la route principale… 


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