Patagonia y pampa

14 au 24 août 2018

La vie s’arrête à midi en Argentine, et reprend vers 16h, 17h… On ne s’en était pas bien rendus compte à Buenos Aires, mais ici à San Antonio de Areco, situé à 1h+ à l’ouest de BA, c’est simple : pas moyen de trouver un restaurant ouvert le midi au centre ville !

Nous, on jouait tranquille au parc à regarder les perruches nicher et piailler par centaines

à éviter les chiens errants, bien que gentils et bien peignés ; et on s’est retrouvés les seuls habitants de la ville à 12h30. Seuls l’épicerie et la station service à l’entrée de la ville restaient ouverts. On s’est fabriqué des sandwichs et on a tenté de les manger assis face au fleuve, jusqu’à ce que des chiens errants viennent nous agacer. Il paraît que ces chiens sont aimés de toute la ville, caressés par les gens, nourris par les restaurants…

On avait loué une petite maison pour 3 jours et, passé la première impression de vide intersidéral, c’est une cute ville, San Antonio : les gens sont charmants, ils se font (et nous font) tous la bise, et il y a plein de vieilles maisons de briques avec un air d’haciendas dans Zorro. Anne-Laure et Lily ont fait du cheval

et, enchantées de leur assise, on a finalement acheté une magnifique selle en cuir, dont la forme est unique à San Antonio

(Spoiler: on se l’est trimballée dans toute la Patagonie avant de se la faire voler à Puerto Madryn 2 semaines plus tard… Hrrmmm, adieu beau souvenir).

On s’est fait cuire de beaux steaks au barbecue

on s’est promenés de parc en parc où les filles jouaient sur des toboggans en bois ; on a énuméré les vieilles bagnoles que même la France ne connaît plus depuis 20 ans

il faisait beau, le soleil nous réchauffait ; bref, on profitait de la vie.

On a ensuite enfilé nos blousons, nos chaussettes épaisses et nos tuques, puis on a traversé l’Argentine en diagonale vers El Calafate où nos 4 jours se sont transformés en 5 à cause d’une erreur de mon vendeur de billets d’avion (ExploreTrip; à éviter donc).

Ce qui est chouette, quand on voyage, c’est que des problèmes se transforment souvent en chance : El Calafate est une petite station balnéaire où il fait bon vivre, et les environs sont magnifiques, entre la pampa d’un côté, venant se perdre aux pieds des montagnes dégoulinantes de pierres, et le lac turquoise de l’autre, abritant des flamands roses en liberté.

Il a neigé le premier jour, c’était bien rigolo pour nos québécoises de filles : elles jouaient dans le jardin de l’auberge comme aux premiers jours de décembre

On a loué une auto et foncé vers le parc aux glaciers, car notre but était d’aller voir le plus connu du monde : El Perito Moreno

Le ciel était parfaitement bleu pendant tout le trajet ; les nuages s’accumulaient au-dessus du glacier seulement. Une sorte d’aigle local peu farouche agrémentait notre avancée

Il paraît que le Perito Moreno avance de 2 mètres par jour. Aucune idée comment c’est possible. Mais il semble que la glace se brise régulièrement et se refasse. Des bruits de tonnerres accompagnaient notre visite, des pans tombant à intervalles réguliers et laissant des remous dans l’eau.

Il y a un vrai supermarché à El Calafate, et l’auberge offrait une cuisine commune, nous avons donc pu rééquilibrer nos repas en famille. Le voyage se passe bien : les filles deviennent des championnes de l’aéroport, trouvant les jeux et les chariots à bagages comme chez elles ; elles s’habituent à l’itinérance et s’extasient devant chaque nouvelle chambre. On a compris que les jeux au parc faisaient partie de leur minimum vital, quel que soit l’endroit dans le monde : on s’arrange donc pour en trouver souvent. Les jeux sur iPad sont pour elles un moment de repos ; nous avons donc un peu lâché prise sur le sujet. Les collations donnent une double routine à chacune de nos journées ; nous n’en manquons donc plus une seule. Et parfois, la collation devient « spéciale » (comprendre glace ou pâtisserie), alors là, c’est la super fête ! Enfin, une visite ou une excursion qui demande un peu de patience ou d’observation ne doit pas dépasser 1 heure, sinon une fourmi devient subitement beaucoup plus intéressante que la forêt.

On a réservé une croisière depuis Punta Banderas, patelin à côté d’El Calafate, permettant d’explorer le Lago Argentino et d’aller voir de plus près deux autres super glaciers. On est partis au lever du soleil (8h00)

La croisière était de 9 à 14h et se faisait en catamaran géant. On s’est dit que la navigation serait douce. A 11h les vagues submergeaient le pont avant et les gens se relayaient aux toilettes. Le bateau est arrivé à 8 kilomètres du glacier Upsalla et déjà là, on avait l’impression d’être tout près ; le Upsalla fait 3 fois la surface de Buenos Aires…

Le bateau n’a pas attendu longtemps avant de repartir avec les vagues et, une demi-heure plus tard, on arrivait dans un bras calme rempli de petits icebergs qui se découpaient en vert sur l’eau glacée

Le soleil s’est remis à briller, les gens ont relevé la tête des cuvettes, et on s’est approché à un jet d’eau du Spegazzini, « seulement » 130 mètres de haut, qui devait être le highlight de la croisière car le capitaine a mis les machines en berne et les photographes officiels professionnels ont shooté. Nous aussi. La lumière jouait dans les crevasses du glacier, les faisant apparaître bleu marine sous la glace blanche. C’était fort beau

Mais on a quand même attendu d’être rentrés à bon port pour manger nos sandwiches. Puis nous sommes rentrés en traversant de nouveau la pampa ; en longeant encore une fois le lac turquoise

On serait bien restés encore plus, à El Calafate. Mais alors on n’aurait pas vu du tout Ushuaia, car l’erreur d’avion avait déjà réduit notre prochaine destinée de moitié, nous laissant seulement un jour et demi au bout du monde !

Bon, en même temps, c’est pas la ville d’Ushuaia qui nous laissera un souvenir impérissable ; malgré les petites maisons peintes de toutes les couleurs, la ville est globalement vieille et moche. Il y a pourtant du potentiel avec la mer qui arrive en ville et les montagnes enneigées qui la surplombent.

On a suivi la route No3 jusqu’au bout. Du bout du bout. Qui se termine au fond du parc national de la Terre de feu

C’est un super parc, arbres et lacs partout, avec des petites pauses régulières nous amenant visiter des tourbières et des constructions de castors, introduits ici par la bêtise humaine et qui se sont emparés du territoire. Les chemins sont bien indiqués et balisés, les balades courtes avec juste ce qu’ils faut de pancartes explicatives, parfait avec les filles.

Et on est finalement arrivés à la fin de la route. Tout en bas du monde. Après c’est la mer et l’Antarctique.

On a rentabilisé notre dernière matinée en montant à la station de ski Cerro Castor pour aller y goûter leur glace, inaugurée 1 mois plus tôt. Ça doit pas être leur truc, le patin à glace : on avait la piste pour nous et les skieurs nous regardaient curieusement. On était fiers d’y démontrer nos habiletés nord-américaines, toutes neuves pour Zouzou

Puis on est remontés au nord de la Patagonie, à Puerto Madryn, lieu de villégiature des baleines…


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