Paname Buenos Aires

9 au 14 août 2018

Des Renault et Peugeot stationnaient à l’aéroport ; des motos zigzaguaient entre les voitures prises dans l’embouteillage du matin ; une obélisque nous souhaitait la bienvenue au cœur de la ville, découvrant ses hauts bâtiments de belles pierres et grandes fenêtres ; et un supermarché Carrefour nous attendait en face de l’Appart-Hôtel : nous étions à Paris, aucun doute.

Sans compter sur le fait que la plupart des personnes âgées, à Buenos Aires, parlent excellemment le français, langue des intellectuels à l’époque.

Et que les rues sont jonchées de crottes de chiens.

L’illusion est parfaite.

Malgré cela, c’est chouette BA : les bâtisses sont belles, des statues magnifiques ornent les places et les allées – bien que la plupart des bustes représentent des personnalités qui nous sont inconnues – et chaque quartier offre une ambiance différente.

Nous avons descendu Florida, la rue piétonne et commerciale

Nous sommes descendus vers le port où les appartements ont chacun une terrasse avec un petit arbre

Nous avons commencé le tour de la réserve avec étendues d’eau et faune locale et rapidement fait demi tour vu le peu d’intérêt ; avons testé le bus évidemment compliqué pour tout nouveau venu dans la ville, et le métro, super simple une fois la carte Sub achetée et rechargée.

Coup de bol, la ville est parsemée de parcs et aires de jeux, dont une au bout de la rue de notre Appart-Hôtel, super pratique pour terminer une journée de promenade.

On a aussi visité le Jardin Japonais, aux carpes gonflées de pain lancé par les touristes, et qui ne présente aucun intérêt.

Les filles étaient enthousiastes à propos d’un manège qui tournait juste à côté, mais un peu déçues que les chevaux de bois soient immobiles.

Le dimanche à BA, toute la rue Defensa est fermée à la circulation et transformée en marché ambulant. Peu de bouffe disponible malheureusement – et le pire kebab du monde que j’aie dû renoncer à avaler – mais des tas et des tas d’artisans du cuir, du bois, des pierres, du tissu, etc, vendaient leurs verres à Maté (une infusion d’herbes qui se boit avec une paille-filtre en métal, et qui a un goût de tabac froid ; Anne-Laure adore), des robes colorées dont on a acheté un exemplaire à chaque fille, des sacs en peau magnifiques, des bijoux roses, rouges ou bleus… on a même trouvé un céramiste auquel on a acheté quelques bols.

La rue se termine par le marché San Telmo, où tous les antiquaires étalent leurs breloques, et dont un coin est réservé au Tango ! On a eu droit à une démonstration, le jeu des pieds est impressionnant !

On a aussi fait quelques musées, des beaux-arts et moderne.

On s’est gourés de musée d’art moderne, d’ailleurs, en faisant d’abord un truc sur 3 petits étages dont les œuvres étaient figées dans le temps. Le vrai, par contre, présentait en parallèle des œuvres européennes et argentines, datant de la même époque d’après guerre, et montrait le mélange d’influences vécu dans une perspective historique ressentie différemment des deux côtés de l’Atlantique.

J’ai enfin mangé mon « bife de lomo », le steak de bœuf argentin ! Ils n’ont pas changé nos ustensiles et on s’est retrouvés à couper la viande avec un pauvre couteau de table à peine crénelé ; eh bien c’était bien suffisant ! Le bife de lomo se découpe si facilement qu’à la limite il s’effrite ; et c’est tellement bon que j’ai mangé un truc 3 fois plus gros que nécessaire. Chose étonnante aussi, le bife de lomo ne laisse rien entre les dents. Nickel.

Les filles ont pris le poulet, qu’on voyait rôtir à l’entrée sur de gros feux : il était tellement juteux que je l’ai cru peu assez cuit ; erreur.

Bref, des délices.

Par contre, côté fruits et légumes, c’est la misère. Dur, dur de bien manger en voyage. Le micro-ondes de l’Appart-Hôtel ne nous permet que de réchauffer des plats tous prêts ; les restaurants ne servent que des soupes de courge ou des salades vertes en extra, les accompagnements étant plutôt du tendance frites ou purée. Alors on mange les fruits avec notre petit déjeuner, et en collation dans la journée. On mange les légumes crus en pique-nique. L’excès de blé devient un problème aussi, on en bouffe presque à tous les repas : les boulangeries font pratiquement toutes un pain ultra blanc et chargé de mie sucrée. Pas top. Et les épiceries ne nous aident pas : le bio est inexistant ; la variété rare ; les plats préparés légions. Toutes les boîtes, paquets ou sachets contiennent des additifs et du sirop de glucose ; Anne-Laure a l’impression d’être de retour dans les années 80, et que l’Argentine sert de poubelle aux industriels du monde.

Côté pauvreté aussi, il faut être réaliste : pas de classe moyenne en Argentine. Ceux qui peuvent se payer le restau sont riches. Dès qu’on s’éloigne des quartiers du centre, le béton des trottoirs a sauté, les crottes de chiens se multiplient, les magasins ont fermé, les maisons sont peu finies ou poussiéreuses. Aux abords de la ville, le long de l’autoroute, se sont construits les bidonvilles : des cubes en grosses briques rouges, souvent sur deux étages, fermés par des bâches. Les fils à linge garnis pendent autour, et un autre fil prend l’électricité depuis les lampadaires publics. Une habitation était collée à la rambarde de la route.

Les filles ont vu un groupe dormir par terre au bout de notre rue. Zoé a demandé plusieurs fois : « Pourquoi ils dorment dans leur sac de couchage, les gens ? »

Et en ce mois d’août, les argentins subissent une inflation soudaine de près de 40%.

C’est un peu tout ça BA. Un mélange de tout. Et c’est peut-être ce qui en fait tellement son charme. C’est aussi une ville qui se marche (circuler en voiture avec les rues en sens unique est un enfer), donc une ville qui reste à taille humaine. Humaine, quoi. Voilà. Sauf la taille de la pizza…

La « meilleure pizza du monde » chez Güerrin depuis 1932


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