Namibie du désert à la mer : part 2

22 au 28 Octobre 2018

La route vers l’Ouest et Skeleton Park est complètement défoncée, pas un poil d’asphalte, mais des cailloux et de la poussière à profusion, la terre a séché en vaguelettes sous le passage répété des voitures et du travail de leurs amortisseurs, impossible d’aller plus vite que 40 km/h tant la voiture vibre

Le paysage passe au désert de pierres. On s’arrête en chemin à la forêt pétrifiée : des arbres fossilisés, si parfaitement qu’on peut encore compter les cernes de certains

Nous dormons pour 4 nuits au milieu du désert, au Aabadi Mountain Camp, sous la tente, avec toilettes et douche sous le soleil, à l’arrière de la tente dans les rochers

Le camp est entouré de collines, avec un super spot pour admirer le coucher du soleil

La bière est un peu chaude et l’électricité n’est démarrée qu’à la nuit tombée, au moteur diesel.

Mais on se rend compte rapidement que 4 jours ici, c’est beaucoup trop long, le nombre d’attractions accessibles avec notre Toy étant finalement réduit à 4 :

Burnt Mountain, un bout de rocher cramé sur lequel pousse des Welwitschia, plante millénaire (oui, qui vit plus de mille ans)

Organ Pipes, endroit où la roche d’ardoise se découpe verticalement, comme des tuyaux d’orgue. Impossible d’y descendre sans déplacer ou casser au moins un bout de roche ; j’ose à peine imaginer le site dans 15 ans

Musée vivant des Damaras : une poignée d’habitants ont reconstitué un mini-village Damara et y montrent d’anciennes pratiques, comme fabriquer des boutons en oeufs d’autruches, allumer un feu en frottant une baguette, danser et chanter avec les clicks dans la voix. Les Damaras étaient nomades, cueillaient et chassaient, connaissaient les plantes ; j’ai l’impression d’être en Australie tant les pratiques du bush sont absolument identiques. Mais Anne-Laure et moi restons avec cette bizarre impression de voyeurisme mêlé d’artificiel face à cette reconstitution orchestrée sous 30 minutes

Twyfelfontain, avec des hiéroglyphes à ciel ouvert datant de 6000 ans, montrant l’homme lion (un chaman en transformation), des girafes, des rhinocéros, mais aussi des pingouins : un moyen de transmettre les connaissances récoltées durant leurs itinérances

Chose amusante : il nous pleut dessus pendant la visite, dans ce coin de désert surchauffé qui ne connaît la pluie qu’une fois tous les quatre ans ; nous sommes de bonnes personnes !

Au bout de seulement 2 nuits finalement, nous quittons le camp et poursuivons vers le Brandberg, le plus haut sommet de Namibie

La route est toujours aussi pourrie. On se récompense par un petit plouf à l’arrivée dans la piscine du White Lady Lodge, dont le personnel se rassemble au souper pour nous chanter des chansons traditionnelles 

Dans la gorge menant au Brandberg se trouvent des peintures rupestres d’environ 5000 ans, protégées à l’ombre d’un rocher. Il faut marcher 1 heure en plein soleil pour les atteindre ; nous gavons les filles d’eau et de fruits séchés pour les garder motivées. La peinture montre un chaman s’épuisant dans une danse de guérison, entouré d’animaux et de scènes de vies. La couleur blanche du chaman est obtenue en frottant une coquille d’oeuf d’autruche sur la pierre

On fonce alors vers l’Atlantique, direction Swakopmund et Walvis Bay où nous dormirons. Foncer est un grand mot, la route alternant de plus en plus pierres et sable, dans un mélange blanc et blond, alors que le paysage s’aplatit définitivement et que disparaisse toute trace de végétation

Des mirages ondulent à l’horizon et nous font miroiter un océan qui n’arrive jamais. Anne-Laure conduit ; je somnole à côté ; les filles alternent sieste, iPhone et dessin. Ces derniers kilomètres de piste sont très longs.

La mer est pourtant là au bout de la route ; une mer bleue aux rouleaux blancs, comme sur les dessins. L’air est plus frais ici. On s’arrête et s’assied sur le sable, le temps de laisser les rebonds de la route quitter nos os et articulations.

La route ensuite devient plus agréable et présente même des portions de bitume toutes neuves jusqu’à Swakopmund, où nous reviendrons plus tard. Pour l’instant, on veut juste aller se poser un peu plus bas, à Walvis Bay, où nous attend une petite maison dans un jardin privatif.

Walvis est une petite ville à l’américaine où chacun a sa maison et son garage, protégés par un gros mur. Le centre est composé de 5 rues avec tous les commerces imaginables et une université au bout. Quelques parcs d’herbe et de palmiers, et un seul avec jeux pour enfants, tous défoncés ; nous n’en trouverons aucun de potable dans tout le pays. Walvis est principalement un gros port commercial, et jouit donc d’une baie et d’une digue très sympa : on y mange très bien le soir, et on y joue le matin à compter les innombrables flamands roses

On fait nos courses au Spar, qui nous offre toute la gamme de produits dont nous avons besoin pour cuisiner – pas de pénurie en Namibie – et nous devenons des pros du stationnement, ayant toujours 5 dollars (50 cents canadiens) près dans la poche pour payer le gardien ; souvent un homme dans le besoin qui s’auto-proclame surveillant des voitures pour gagner un peu d’argent.

Bêtement, on décide de retourner visiter Swakopmund le samedi – on avait oublié le coup des fermetures en fin de semaine : on fait donc les boutiques tranquillement le matin, la librairie, les tissus, l’art africain, l’office de tourisme, la galerie de cristaux où les filles ramassent leurs pierres semi-précieuses (gros succès)

Et là paf! il est 13h, tout ferme. Les galeries et centres artistiques que nous avions prévus faire nous passent définitivement sous le nez. Il ne nous reste que la balade à dos de chameau avant de rentrer…

Ville sympa Swakopmund, peut-être un peu plus intéressante que Walvis Bay côtés tourisme et culture, mais qui se transforme quand même en station balnéaire fantôme la fin de semaine…

On y retourne d’ailleurs encore une fois le dimanche matin pour faire du quad. Raison officielle : traquer les « small fives » dans le désert de dunes, qui sont fort belles ici, d’un beige pur et ondulées comme sur les cartes postales

Évidemment, les filles auront préféré finalement le quad à la recherche des petits animaux, mais nous aurons vu quand même un gecko, un lézard, des traces de serpent, et Lily a vu une araignée. Fait amusant, les geckos ne peuvent pas fermer les yeux, ils s’enfoncent donc dans le sable pour ne pas se griller les yeux au soleil, et pour se cacher de la chaleur. Ils soulèvent aussi leurs pattes en alternance pour ne pas souffrir du sable brûlant, un peu comme on fait pour tenir un toast sorti du grille-pain

L’après-midi c’est plage entre Swakopmund et Walvis Bay, il y a une piscine aménagée dans la mer où les enfants ont toujours pieds. Des barbecues publiques sont installés tout le long de la plage, et les locaux débarquent en voiture avec parasols et glacières pour y passer la journée, exactement comme sur les plages de Los Angeles.

Ensuite, c’est là où on crève un pneu…


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