Les Émirats fêtent leurs 47 ans

28 novembre au 6 décembre 2018

Les filles ont élu Emirates leur compagnie aérienne favorite de tous les temps ! Elles ont reçu des sacs de voyage à bandoulière – un grand pour Lily, un moyen pour Zoé – contenant des jeux de découverte du monde offerts par le Lonely Planet et adaptés à leurs âges ; leur repas était spécial enfants (avec légumes) et le dessert reprenait les couleurs de l’arc-en-ciel. Les parents ont aimé le personnel attentionné, le confort des sièges… On leur a demandé quand Emirates viendrait jusqu’à Québec !

On débarque à Dubai dans le luxe et la grandeur de l’aéroport, où un métro souterrain automatisé mène aux douanes et bagages. Il est minuit. L’hôtel que nous avons intelligemment réservé pour la nuit est situé juste en face de la sortie, et comme nous sommes intelligents, nous avons poussé notre chariot tout droit. Jusqu’à rencontrer le mur nous séparant de l’autoroute. Impossible à franchir. Pas de souterrain, aucune voie communicante avec l’autre bord. De retour dans l’aéroport, on nous parle d’une navette, mais personne ne sait nous y guider. On se perd un peu, un peu trop pour l’heure, puis on suit les panneaux indicateurs au lieu de l’avis des gens. Une navette nous attend effectivement, et elle met 15 minutes à rejoindre l’hôtel tellement il y a de détours à prendre, juste pour aller « de l’autre côté ». Bonne nuit.

Nous allons accueillir Jacques et Jacqueline – les parents d’Anne-Laure – à leur arrivée le lendemain matin ; nous allons passer 3 semaines ensemble à explorer les Émirats arabes unis puis le Sultanat d’Oman. On achète une carte SIM pour avoir internet en route ; on loue un gros Ford avec plein de sièges et de coffre ; et off we go, direction le Savoy Appart-hôtel de Dubai. Ils ne conduisent pas super bien ici, mais après nos stages en Afrique, c’est de la rigolade. Le seul problème, c’est la multiplication des voies, et donc des sorties, que Google Maps gère très mal ; comme quoi Google ne possède pas encore les données du monde entier. Mais tout n’est pas la faute de Google : sérieusement, même en suivant les panneaux, nous nous sommes trompés de direction chaque jour à Dubai. Je suis convaincu que l’autoroute a été pensée avant la ville : 2 x 6 voies en plein centre ville et en ligne droite, étirées sur des kilomètres, avec les immeubles de chaque bord. Il y a un métro pourtant, et quelques rares bus, mais Dubai est fait pour les voitures individuelles, qui sont partout, tout le temps, soit sur les routes, soit dans les centres commerciaux aux stationnements toujours complets. À croire que les résidents de Dubai ne travaillent jamais.

On s’extirpe rapidement de notre hôtel – sous peine de s’y endormir pour cause décalage horaire – et nous explorons à pieds le vieux Dubai : un quartier rénové fait de petites masures carrées aux murs de pisés beige, comprenant salons de restauration, galeries d’art et boutiques, dans un labyrinthe sympathique à explorer. Nous mangeons au XVA un plat de citrouille, noix de coco, moutarde de gingembre (genre moutarde à l’ancienne), accompagné de pitas aux herbes, et nous y sirotons notre première Lemon-Mint : menthe, citron, zeste de citron, sucre, glaçons et amour, blendé.

La rivière Khor Dubai est juste derrière, et nous sépare du souk d’épices et du souk d’or : les épices sont disposés dans des sacs ouverts, laissant se mélanger leurs odeurs à celles des encens, et nous attirer de leurs couleurs rose, bleue, marron, blanc, jaune… L’or quant à lui n’est pas spécialement « pas cher », certaines parures semblent exagérées de clinquant, avec des colliers lourds incrustés de pierres, et tout le monde me demande si je veux acheter une montre.

Même réflexion qu’en Afrique : s’ils sont tous organisés par section, une boutique après l’autre vendant la même chose, comment font-ils pour se démarquer et vivre de leur commerce ?

Les vendeurs des souks semblent plus Indiens qu’Arabes, mais peut-être les propriétaires en arrière sont-ils Arabes ?

Nous sortons souper dans la Madinat Jumeirah, le quartier traditionnel reconstitué et tout neuf, habritant boutiques et restaurants luxueux.

Nous testons le Times of Arabia proposant ses plats typiques qui sont en fait libanais : houmous, caviar d’aubergine, feuilles de vigne, taboulé de persil, pain pita… Nous sommes à 2500 bornes du Liban, au moins trois autres pays nous en séparent, mais la bouffe typique de Dubai est libanaise… bref, nous buvons également des cocktails, avec alcool, ce que nous pensions être impossible en pays musulman. Et enfin, des grillades complètent chaque repas.

Nous allons au Dubai mall, parce qu’il faut : c’est étalé, c’est étagé et c’est princier. Nous avons consommé l’aquarium, avec son tunnel de vie marine ; assisté depuis le balcon d’Apple au spectacle des fontaines dansant sur une musique d’opéra

vu de loin Burj Khalifa, la plus haute tour du monde

et nous sommes perdus dans le stationnement…

Le soir après le coucher du soleil, nous rejoignons les quais pour embarquer sur un beau vieux Dhow en bois et profiter d’une croisière sur la rivière Khor Dubai. Tous les Dhows sont alignés sur le quai, éclairés de lumières clinquantes, parfois dégoulinantes, et attendent la montée des touristes. Ce que nous faisons.

Le capitaine manœuvre son bateau depuis la roue installée juste à côté de notre table. C’est beau aussi Dubai la nuit, je crois même préférer ces vieux quartiers un peu sales et délabrés aux bâtiments épurés du reste de la ville. Pendant que le Dhow vogue, nous faisons la queue au buffet typique, puis un Derviche Tourneur vient nous faire son spectacle virevoltant : le corps tourne en continu, mais la tête ne suit que par à-coups, pour ne pas perdre l’équilibre

Après Dubai, nous filons sur l’autoroute – autorisée à 160 km/h – vers Abu Dahbi, la capitale des Émirats. 

Nous allons directement au Louvre, ultramoderne sur sa presqu’île toute artificielle, pour y admirer les œuvres prêtées par l’institution française éponyme. Les influences s’y mêlent : nous passons de la Chine à l’Amérique, l’Égypte et la Grèce, tous pays confondus finalement, pour les comparer à une même époque de l’antiquité.

Ce soir, nous dormons à l’Ibis, une chaîne française liée aux Novotels, ce qui fait tout bizarre ici en plein désert, mais un choix judicieux puisque nous sommes à une coudée de la Grande mosquée, où nous nous rendons le lendemain matin. Et là, on ne rigole plus. Nous passons un scanner, hommes et femmes séparés. Les hommes peuvent bien porter les vêtements de leur choix, cela importe peu ; les femmes, par contre, sont soumises à des règles strictes et Jacqueline, qui avait précautionneusement revêtu un pantalon et un chemisier à manches longues, a été obligée d’emprunter une abaya. Pas jouasse, Jacqueline. Et avec raison

La grande mosquée est d’un blanc immaculé ; les colonnes sont incrustées de Lapis-lazuli

les dalles au sol ne sont pas jointoyées mais ne bougent pas. La nacre utilisée dans la salle de prières sert autant à créer des reflets qu’à diffuser une lumière mate

Les vitres sont gravées de rosaces. Tout est beau, évidemment.

Le coeur de la ville se prépare pour les festivités du 47ième anniversaire de l’union des Émirats arabes, d’où le nom, oui je sais, bref, ce qui nous empêche de visiter le Fort, alors nous nous rabattons sur la plage. Pas de maillots prévus ; les filles se baignent en culottes. Au-dessus de nos têtes, les 7 avions chasseurs, symbolisant les 7 Émirats arabes unis, suivez un petit peu, répètent leurs loopings pour le lendemain et crachent leurs fumées rouges, vertes et noires comme sur le drapeau, autour du blanc du ciel couchant

Je ne savais pas que le Hilton pouvait être un hôtel familial, et pourtant, celui d’Al Ain a 2 piscines juste pour enfants, avec 50 centimètres d’eau, des jets d’eau et un toboggan à eau ; au moins cinq étoiles selon les critères des filles !

Al Ain est situé à la frontière Est des Émirats ; Oman est littéralement au bout de la rue.

Dire que nous avons visité des forteresses à Al Ain serait un euphémisme : nous avons fait TOUS les forts du coin, et il y en a une flopée, à seulement quelques kilomètres les uns des autres, ce qui semble curieux dans une perspective guerrière… Pour varier, nous avons voulu faire le musée, mais il est resté fermé, sans aucune indication de réouverture (nous y sommes passés tous les jours pour vérifier).

Alors nous avons visé la montagne, le Djebel Hafeet, qui est le plus haut sommet des Émirats. Elle est curieusement plantée au milieu d’un espace plat, couvert par la ville d’un côté et de désert des autres. La montée se fait en voiture sur route goudronnée, avec des petits lacets permettant de profiter de la vue

Le sommet, par contre, est un grand stationnement avec un bar coca-cola moins chou…

Entre le Hilton et le Djebel Hafeet se trouve un Ikea et, juste derrière, le fameux marché aux dromadaires : sur un immense terrain balisé par la route se trouvent des cages énormes, habritant à gauche des chèvres et des moutons ; à droite des dromadaires. Sans doute le chamelier voit-il la différence et les appelle-t’il un par un de leur prénom, mais pour nous béotiens, c’était des tas de camélidés absolument identiques, parqués par paquets de 20 ou 30.

À côté du musée qui n’ouvre jamais se trouve LA palmeraie : des palmiers de toutes sortes plantés dans un gigantesque labyrinthe de falaj, ces conduits d’eau en béton permettant d’irriguer indépendamment différentes sections. Le but du jeu est de s’y perdre, et paraît-il que les employés de la palmeraie ramènent alors en golf-cart les touristes trop égarés. Nous n’avons pas eu cette chance, nous n’avons d’ailleurs croisé aucun employé, pas de plan ni d’information nulle part, tu rentres et tu sors sans rien avoir appris de spécial, juste marché au cœur des palmiers.

Pour terminer notre tournée des vieilles et belles bâtisses, après les forts, nous avons visité la maison du Cheikh Ben Zayed, retraçant toute la lignée des Zayed depuis plus de cent ans

Pour repartir de Dubai, nous bouclons la boucle par un stop à Fujairah : après une route bordée de superbes déserts de sable rouge, nous nous reposons dans le luxe d’un hôtel en bord de plage, avec au choix la mer, chaude, ou la piscine, chaude aussi, mais avec toboggan, voyez la préférence de certaines… Les filles se sont fait encore des amies auprès du personnel

Nous mangeons le soir sur la plage et nous nous envolons le lendemain pour le Sultanat d’Oman et Mascate, sa capitale.


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