Le Père Noël livre aussi en Thaïlande

23 au 26 décembre 2018

C’est une très bonne idée de voler de nuit pour économiser une chambre d’hôtel, mais une très mauvaise de le faire dans le sens inverse du soleil : nous arrivons à Bangkok à 6h30 du matin avec 3 heures de décalage et pas tellement plus d’heures de sommeil, Flo est là avec ses filles arrivées de France, et heureusement Max a organisé le transfert jusqu’au Novotel où le reste de la famille nous attend au petit-déjeuner, dont nous nous régalons. Le temps de s’installer dans les chambres et zou! nous partons en taxis vers le marché flottant, qui démarre d’abord sur des rives en béton et devient flottant au grès des ponts que nous empruntons à droite à gauche. J’achète quelques spécialités aux cacahuètes prises dans une pâte à la noix de coco, puis des plaquettes de sésame noir et blanc au caramel, histoire de goûter. Tout se vend sur ces marchés, des fruits et légumes aux babioles en plastique avec crèmes de massage et fleurs tropicales en prime.

Pause au temple :

On veut poursuivre la promenade vers un parc situé à 2 kilomètres, mais le soleil brûle et c’est difficile de motiver 15 personnes à marcher, alors raisonnablement nous prenons un camion qui nous charge tous sur les bancs arrière et se faufile ensuite sur les petites routes que nous aurions dû emprunter et sur lesquelles on se serait probablement fait écraser 25 fois avant d’arriver au parc. Le parc est sympathique, plein d’arbres et d’ombre avec une mare d’eau au milieu traversée par des ponts arrondis. Les vélos ont clairement la priorité ici et tous les touristes s’en donnent à cœur joie. Albane repère une sorte de crocodile dans l’eau ; c’était un gentil varan.

Nous ne rentrons pas trop tard car Max a réservé des billets pour le match de boxe thaï à 18h30. Ce sont en fait un dizaine de match, découpés chacun en 5 rounds de 3 minutes. Les boxeurs se font masser le corps et les fesses à chaque round, ce qui plait beaucoup à Flo ! On commence par une petite bière pour se mettre dans l’ambiance ; fraîche, bon goût, mais grosse erreur tactique : les habitués ont pris d’assaut le bar et on épuisé le stock de hot-dogs, on se retrouve donc à manger des pauvres nouilles en boîtes dégueu. Le pop-corn nous sauve un peu. On regarde donc les combattants s’en mettre plein la gueule pendant que nous nous débattons avec nos problèmes culinaires.

Un orchestre simple joue ses airs entraînants pour meubler le fond pendant que les coachs crient leurs conseils à leurs poulains. C’est assez rigolo finalement, et nous quittons la salle avec le dernier combat. Il est 21 heures et le manque de sommeil se fait cruellement sentir.

La journée du lendemain commence à 6h30 pour profiter du buffet avant l’arrivée du guide et du bus à 8 heures pétantes. Direction le Palais Impérial et ses alentours, avec statues et stupas dans tous les sens,

myriades de couleurs et de feuilles d’or,

bouddhas géants et très précieux,

temples aux multiples emprunts interculturels,

entrecoupés par une promenade sur le fleuve pour y nourrir les poissons.

Nous rentrons à 18h dans la cohue des embouteillages de Bangkok et, entre la piscine,

les douches, l’apéro d’anniversaire pour Albane, on se retrouve au buffet de Noël à 20h30 pour un réveil le lendemain à 5h30…

Avant de se coucher, les filles installent le sapin au mur et laissent un des biscuits offerts par l’hôtel pour restaurer le Père Noël, en espérant qu’il passe bien.

Et effectivement, les filles au réveil trouvent leurs cadeaux tous frais livrés ! Il est fort, ce Père Noël, mais heureusement que les filles lui avaient écrit une lettre pour le prévenir de leur destination exceptionnelle ! C’est promis, l’année prochaine nous faisons Noël à Québec, dans le froid et la neige.

À 7 heures ce 25 décembre, nous sommes dans le bus, direction le Pont de la Rivière Kwai. Je croyais que c’était un mythe, ce pont, inventé pour les besoins du film, eh bien non, le pont est là

et il a bien été détruit en partie par les américains pour freiner l’avancée des Japonais en Asie, qui avaient choisi la Thaïlande comme porte d’entrée pour conquérir les autres pays pendant la guerre 39-45.

Un train passe effectivement sur ce pont trois fois par jour, et probablement que passée l’heure des écoliers et travailleurs du matin, c’est surtout un train à touristes.

Nous le prenons d’ailleurs à partir d’une gare située une heure plus loin, histoire d’admirer le panorama à flanc de montagnes.

Nous allons manger ce midi dans un petit boui-boui ouvert à tous vents, aux grandes tables en bois et au menu unique, mais succulent, composé de salade de crudités, fondue chinoise, poisson frits sauce aigre-douce, viande épicée sauce indescriptible à s’en lécher les doigts, riz, et une bière pour faire couler le tout ; délicieux, autant pour l’ambiance paumée que pour le goût.

Nous allons nous rafraîchir les pieds dans une cascade, où la roche est recouverte d’une couche de limon marron et, à ma surprise, non glissante.

On patauge un peu avant de gravir la côte pour voir couler l’eau d’en haut. Il y a là un petit bois et des arbres dont les branches font comme des lianes et d’excellentes balançoires.

Il n’est pas tard lorsque le guide propose d’aller profiter de la piscine de l’hôtel de luxe où nous restons cette nuit. Situé au bord du fleuve, avec des restaurants en bois, le cadre est majestueux.

Après les douches, nous nous retrouvons au restaurant autour d’une longue table pour boire le champagne apporté par Papa et nous échanger les cadeaux de Noël.

Le dernier jour, nous visitons le musée de la mort, offrant une rétrospective des conditions de travail des prisonniers de guerre ayant œuvré au pont du Kwai. C’est assez pénible, heureusement que les filles n’étaient pas intéressées, puis nous embarquons à bord des barcasses qui parcourent la rivière et nous démarrons à fond de train ! Ces bateaux ont un gros moteur relié à leur hélice par un arbre d’environ 3 mètres, et ça n’a pas l’air aisé à manœuvrer

La balade est chouette, nous croisons plein de maisons sur pilotis, et les gens dedans vivent leur vie comme sur la terre ferme.

Les bateaux finissent leur course sous le fameux pont et nous y retrouvons notre bus, qui nous emmène vers le cimetière des victimes de la construction du pont ; on reste dans le thème.

Avant de rentrer à Bangkok, le guide nous impose un stop ultime dans la joaillerie d’État, qui est très chouette, avec ses joailliers qui travaillent leurs mini-diamants devant nous, mais rien à acheter vraiment.

Puis nous filons vers l’aéroport où nous devons reprendre nos avions respectifs, nous vers Singapore et l’Australie, eux vers le Nord de la Thaïlande pour la fin de leurs vacances.

Nous nous embrassons dans le hall de l’aéroport après ce marathon de 4 jours !

Comme nous passons seulement la nuit à Singapore pour repartir le lendemain matin vers Perth, nous avons eu la suprême intelligence de réserver l’hôtel dans la zone de transit, pour s’éviter les formalités douanières. Depuis Bangkok, malheureusement, les bagages ne pouvaient pas être enregistrés jusqu’à Perth, mais « vous pourrez les récupérer en transit »… Ça aura été notre première erreur, parce qu’à Singapore comme dans tous les aéroports du monde, nos bagages nous attendent en tournant sur leur carrousel juste derrière l’immigration. À regret, nous passons donc les douanes, prenons nos sacs et allons les porter diligemment vers le kiosque d’enregistrement. Seconde erreur : il faut préalablement obtenir un visa électronique pour l’Australie, dont nous n’avons pas pensé nous occuper (c’est la deuxième fois dans notre voyage que nous pensons l’obtenir à l’arrivée ; ben non). Heureusement, un service de e-visa fait le travail pour nous moyennant moultes deniers, dont nous nous acquittons. On enregistre les bagages pour Perth, on repasse les douanes dans l’autre sens, et à minuit nous sommes dans nos lits ; bonne nuit !


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