La mer, la montagne, et les forts d’Oman

6 au 22 décembre 2018

Il est tard ; notre Toyota Fortuner nous conduit aux portes de Mascate, la capitale Omanaise, et à la réception du Holiday Inn où nous dormons ce soir avant d’effectuer notre boucle de 2 semaines dans la première moitié du pays.

Nous avons choisi Al Hamra pour rayonner. Placé au sud-ouest de Mascate, le plus court chemin pour relier Al Hamra est de couper à travers la montagne, une petite promenade que Google évalue à 2h30… Nous avons mis 5 heures ! Les côtes sont tellement raides qu’Anne-Laure ne voit pas l’autre versant en haut des montées. La route pierreuse est étroite, sinueuse, cahotique ; heureusement nous avons un 4×4 et nous faisons tout en seconde vitesse.

Les vallées sont très belles, mais le tassage des os vraiment rude ; ma tête cogne plusieurs fois au plafond.

On arrive à Al Hamra dans la nuit, mais ce n’est pas un problème pour Salim qui nous accueille avec le sourire. Il parle suffisamment anglais ; son employé pas du tout : on se comprend par signes. Nous avons un appartement pour nous 6, les meubles ont encore leurs emballages plastiques, comme un élément de décoration.

Le lendemain, nous admirons notre voiture couverte de poussière de notre exploit d’hier et nous attaquons une autre colline pour découvrir Misfat, une ville historique perchée. La vue sur la vallée et l’autre versant est magnifique ; il fait un soleil de plomb.

Un panneau nous demande de nous couvrir convenablement pour ne pas offenser les habitants. Nous empruntons les petites rues et les escaliers qui font comme des tunnels entre les maisons, puis nous faisons demi tour une fois arrivés à la palmeraie.

Décollage vers l’Est et le Fort de Bahla, gigantesque, construit par une femme

Très beau mais mal présenté : on passe d’une salle à l’autre sans savoir ce qu’on traverse.

En face du fort se trouve le soukh, qui est fermé de midi à 17h ; on y cherche sans succès les échoppes de potiers. Google ne fait pas la différence entre une route et un passage à guet : il nous fait souvent passer dans des arrières cours étroites et poussiéreuses, au milieu de palmeraies ou au bord des dépotoirs ; pas vraiment des raccourcis.

Sur un autre versant derrière Al Hamra pointe le Jebel Shams ; le plus haut sommet d’Oman. Nous avons voulu y aller voir la vue, mais à condition que la route soit plus praticable qu’à notre arrivée. C’est le cas au départ, une belle route sinueuse et goudronnée, et puis paf, on retrouve la caillasse et la poussière. On pousse un peu puis on s’arrête sur un flanc qui offre un aperçu du sommet. Anne-Laure tente un bout d’ascension à pied avec les filles ; Jacques suit ; Jacqueline et moi assurons les arrières, en fainéants. En fait, la vue sur la vallée est bien plus intéressante ; on s’assied tous les six sur des rochers et on grignote un morceau en profitant du paysage.

Nous n’avons pas encore capitulé face aux élusifs potiers de Bahla : on y retourne avec l’objectif de les dénicher, car leur réputation est grande. On s’arrête dans la fabrique d’État, qui fait aussi école de formation. Youssef, sympathique guide, nous accompagne, nous montre tout, nous explique tout, avec humour et passion mêlés : la glaise est produite à partir de roches tirées de la montagne du coin, concassées et mélangées à l’eau. Les céramiques sont toutes moulées et cuites sur place dans d’immenses fours électriques

La production est expédiée partout au pays, chacun ayant besoin de ces récipients pour cuisiner et recevoir. La demande est paraît-il inépuisable. Un peu d’export est fait aussi en Arabie.

La porcelaine, par contre, nécessaire pour faire des plats blancs et fins, est importée d’Angleterre pour être travaillée ici, mais la manufacture est en train d’essayer un point d’extraction omanais pour la remplacer.

Le directeur vient nous saluer durant la visite, et comme Anne-Laure s’y connaît beaucoup, il nous invite à prolonger la discussion dans son bureau autour d’un café omanais et de dattes trempées dans le tahini, la pâte de sésame.

Nous repartons avec quelques photos des céramiques les plus magnifiques produites ici,

et le guide nous raccompagne jusque dehors pour nous montrer sa belle Toyota Corolla dont il est très fier. Chose incroyable, il refuse notre pourboire à la fin de la visite, arguant du fait que c’est son travail ; nous avons bien passé 2 heures sur place !

Franchement, nous étions heureux de cette visite et des rencontres ; le meilleur souvenir d’Oman.

Puis on file vers les Hoota Caves, des grottes naturelles causées par l’infiltration de pluies acides, auxquelles on accède en métro ! Des plateformes et des escaliers bien éclairés sont installés sur tout le parcours, qui oscille entre roches plates et stalactites/mites, et qui se termine par une petite mare d’eau censée inonder toutes la grotte pendant les crues. Doit être sympa à explorer en cave diving, ça.

Nous visitons également le fort de Jibreen, et c’est une bonne surprise : les salles sont annotées, les plafonds décorés

un joli puit de lumière éclaire la cour intérieure centrale du fort

et dans le labyrinthe de l’édifice, on tombe un moment sur des vitrines présentant des vieux objets, dont des fusils aux crosses nacrées,

des bagues en pierres précieuses, des plumiers à faire rêver l’écrivain d’antan

et des porte-missives en argent ; magnifiques !

Enfin nous partons à Nizwa. Nous avions repéré à plusieurs endroits des petites jarres de terre cuite, percées d’une décoration en forme de palmier qu’on trouvait cute, et à chaque fois on nous avait dit qu’elles étaient faites à Nizwa… Nous visitons d’abord le fort, comme il se doit, qui est vraiment gigantesque ! Il y a même un fort à l’intérieur du fort, sorte de dernier bastion de résistance, depuis lequel la vue est très belle.

Vient alors le moment d’aller au soukh chercher notre petite amphore ! Bizarre, ce soukh : c’est une mini-ville fortifiée dont les murailles renferment les commerces, et le centre est complètement inutilisé. Alors on tourne autour et on fait les échoppes en enfilade. Des amphores décorées de palmiers, il y en a des centaines, toutes plus grossières les unes que les autres ; l’envie d’en acheter une s’estompe. Après les marchands de bibelots, il y a les épiciers (les marchands d’épices), et ensuite : le soukh aux dattes ! Un magasin rien que de dattes ! Parce qu’il en existe une bonne douzaine de dattes différentes, rangées de la plus à la moins sucrée (de droite à gauche).

Dégustation gratuite. Lily se donne pour mission de chacune les goûter ; il a fallu l’arrêter. De toute manière, le choix est vite fait : les plus sucrées, un kilo à emporter s’il vous plaît ! Et hop, le tout pour l’équivalent de 4$. Dans le magasin, il y a aussi une presse à sésame, pour tremper les dattes dans le tahini frais (encore tiède de sa pression en fait, miam !)

Super découverte, ce soukh aux dattes, et des bons souvenirs gustatifs à ramener.

En sortant, on tombe sur le marché aux poissons, avec mouches, sang et senteur ; pas facile comme transition.

On quitte Nizwa pour aller dans le désert. Nous passons en route par le falage Daris, superbement aménagé à côté d’une aire de jeux : tout le monde y trouve son compte ! L’eau du falage est si claire qu’un papa s’y baigne avec son fils, tandis que les petits poissons s’égayent en bancs tous les 10 mètres.

Notre nuit de transition se passe à Ibra. Y’a pas grand chose à Ibra. La vieille ville, de l’autre côté du wadi à sec, a été complètement abandonnée.

On s’y promène tranquillement en attendant le coucher du soleil

et le moment du souper, qu’on prend en face de l’hôtel, de l’autre côté de la route. Il n’y a pas de passages pour piétons à Ibra. La priorité est aux voitures. Faut courir pour traverser.

Aucun regret en quittant Ibra, d’autant que notre destination est hyper excitante : le Arabian Oryx Camp, situé entre deux immenses dunes au milieu du désert. Évidemment, on s’est trompés de dune (merci Google), nous nous retrouvons donc bloqués par une montagne de sable.

On aborde un petit vieux qui ne parle pas anglais et hèle donc son ami un peu plus loin. L’ami – Amur – partait faire sa prière dans la petite case servant de mosquée aux 5-6 maisons de cette vallée ; il revient vers nous et nous propose de nous faire traverser la dune à son retour de prière ; « dégonflez vos pneus en attendant ! »

Le kit de dépannage de notre voiture contient une petite pipe mesurant la pression des pneus, que nous descendons à 200, comme en Namibie. Amur revient, regarde nos roues et entreprend de les dégonfler encore beaucoup plus. Satisfait, il embarque dans son 4×4 conduit par son fils de 13 ans et on fonce droit sur la grosse dune.

Anne-Laure s’enlise par deux fois ; Amur vient la remplacer au volant et laisse son jeune fils seul nous guider en avant. Super habile le fiston ! Ça prend des grosses accélérations pour ne pas rester coincé dans une dune. Ça prend aussi 15 minutes pour passer d’un côté de la dune à l’autre, et Amur nous dépose aux portes du Arabian Oryx Camp, où il nous apprend qu’il est en fait guide et organise des excursions en chameau et autres activités du désert pour touristes, mais malheureusement pas avec notre camp.

L’Arabian Oryx est un camp de luxe avec maisons en dur ou grosses tentes carrées fixes ; il a un enclos à Oryx

un grand restaurant avec buffet au centre, des jeux un peu défoncés pour enfants, et une aire de repos avec ombre et tapis, café et dattes en libre service

Nous avons la suite familiale, avec trois immenses chambres et salles de bain attenantes

Les fenêtres sont en bois et chaque porte a une belle corniche ottomane

Le grand jeu est de gravir la dune pour admirer le coucher du soleil ; on s’enfonce dans le sable presque rouge qui laisse de longues coulées en-dessous de nous

Une fois arrivés en haut, on admire le paysage et notre effort accompli, pas peu fiers

Débarquent alors des gros 4×4 qui sont montés sur la crête et se jettent tout droit dans la pente abrupte, glissant autant que roulant jusqu’en bas. C’est tricher. Et un peu bruyant dans la quiétude du désert que seules la tiédeur du vent et la chaleur du soleil viennent perturber le reste du temps.

On a voulu prendre l’apéro pour célébrer notre exploit en redescendant au camp : ils n’avaient que des trucs sans alcool, genre Coca-Cola… « Pas même de bière sans alcool ? » « Nous avons de la Barbican… » « C’est quoi la Barbican ? » « Il y a des bulles… c’est un peu amer… »

C’est absolument dégueu ! Comme une eau faiblement gazeuse avec de la terre dedans ; rien de commun avec la bière, et impossible à finir même en se forçant ; on prend l’apéro au Sprite, sous la lune

Il n’y a pas de lumières, dans le désert. Le soir, la nuit tombée, chaque étoile brille de mille feux, et le Voie lactée ressort. Dans l’aire de repos, un petit groupe joue du Oud et chante par dessus les complaintes omanaises ; ambiance…

Nous montons ce matin à dos de dromadaire ! Jacqueline grimpe sur le sien mais renonce une fois en haut ; gerbant, ce truc ! Nous partons donc à 4 dromadaires, Zoé avec Anne-Laure, et le guide à pied devant nous

On fait un petit tour tranquille du camp ; Anne-Laure demande au guide de nous emmener dans les dunes : les pattes des dromadaires semblent presque palmées lorsqu’elles s’expandent sur le sable fin.

Le lendemain, nous attaquons les dunes à coup de machines roulantes : un quad pour Lily et moi ; un autre pour Zoé et Anne-Laure ; un dernier pour Jacques. Et hop, on est partis !

Les dunes sont plus faciles à grimper qu’en Namibie, car les quads sont plus puissants, mais sans guide on se serait paumés au bout de 5 minutes. On fait des belles grimpettes, et une descente ultra-raide que Zoé refuse de prendre ; Anne-Laure fait le détour. Jacques retrouve ses 20 ans et conduit la bécane avec facilité et légèreté. Lily tient le guidon de temps en temps, et conduira finalement sur tout le chemin du retour, jusqu’au camp ; elle conduit super bien et prend tout de suite le coup de freiner avant le virage et accélérer dans la courbe ; elle exulte !

Après un autre petit coup de grimpette sur la dune,

nous partons à Sur, prononcé « Sour ».

Sur le chemin se trouve le Wadi Bani Khalid, une étendue d’eau réputée où nous pouvons nous baigner. Un gardien de la religion nous y accueille et nous rappelle les règles de bienséance : les hommes et les enfants, peu importe, mais les femmes doivent se baigner couvertes. Anne-Laure garde donc son short et son T-shirt. Truc amusant : des petits poissons se jettent sur nos pieds à peine immergés pour nous les nettoyer. On sent leurs petites morsures répétées qui chatouillent.

L’étendue d’eau est tranquille, transparente, aux reflets métalliques sous le soleil ; elle s’alimente par une cascade perdue à travers les rochers en arrière,

puis elle coule en avant par un ruisseau et alimente la vallée.

Notre hôtel à Sur arbore un Dhow modèle réduit au-dessus de sa porte d’entrée, nous rappelant que nous sommes dans la ville de fabrication ancestrale des Dhows, donc, ces barcasses majestueuses tout en bois, jusqu’aux clous.

Nous sommes situés juste à l’entrée du Souk, qui n’a pas vraiment d’entrée en fait, les commerces étant installés le long des rues qui s’enchevêtrent. On y cherche des robes de princesses pour les filles ; on en a vu dans des vitrines et même portées une fois par des adultes, nous voulons donc les mêmes version enfants. On se paume dans le dédale des rues, les premières sont occupées par les joailliers : leurs vitrines sont pratiquement vides, les présentoirs sont renversés et prennent la poussière, pourtant le marchand attend le client à l’intérieur, placidement. Vient ensuite le quartier des couturiers, qui vendent pour la plupart les abayas noires, avec un semblant de choix dans la coupe. Dans les boutiques à robes de princesses, les filles admirent les tissus jaunes et roses brillants, les broderies, les fausses perles et les diamants de verre rutilants. Mais la version enfant est plate, tissus unis mates ou rayés, rien de luxuriant. La robe typique omanaise est mignonne, avec des bandes grises et bordeaux, Zoé craque dessus, nous lui promettons de l’acheter plus tard si pas de princesses.

Il y a aussi un quartier pour hommes, où sont vendues les 5 styles officiels de Dishdasha, sortes de djellabas une pièce, avec chacune leur cordon tressé sur le côté du col version pompon, qui est censé apporter au costume l’élégance de la cravate.

Et juste en face sont vendues les coiffes omanaises masculines, rondes : les Kimma.

Nous visitons le chantier naval de Sur, où trois Dhows sont actuellement en construction. La porte avant est ouverte,

celle arrière donne sur la plage et l’eau. Personne ne nous demande rien. On entre et on admire le boulot.

On n’est pas très loin de la pointe de Sur et de son phare. Les bateaux de pêcheurs turquoise viennent s’amarrer dans la baie.

On a une belle vue sur la plage tout en longueur qui borde la ville.

La plage est en fait super décevante : il y a des déchets un peu partout et les 4×4 s’y promènent comme dans la rue. Les jeux sont un peu pourris, et nous demandons aux filles de garder leurs chaussures à cause des bouts de verre. Sur la digue, les hommes se retrouvent par petits groupes, posent un tapis où s’assoir et décortiquent des graines de tournesol géantes à grignoter. On a quand même fait un château de sable parce que c’est obligé à la plage

Une nuit, nous partons pour le Ras Al Jinz Turtle Reserve : un hôtel construit par l’État à 1 heure de Sur, dont le but est de protéger les tortues qui pondent sur la plage au devant et d’en faire profiter les touristes par des visites guidées et encadrées. Le tour commence à 21 heures et se fait en deux ou trois gros groupes de 20 personnes : le guide repère une tortue, il appelle alors les groupes, nous faisons à pied les 15 minutes nous séparant de la plage et nous entourons alors le nid pour admirer le travail. Nous sommes vraiment très, trop près, à tel point que nous recevons les pelletées de sable de la maman tortue en train de creuser à l’aide de ses nageoires avant. Le guide l’éclaire à la lumière rouge pour ne pas la « déranger ».

En partant, les guides trouvent une autre tortue déjà en train de pondre sous un bateau.

La vue est imprenable ; la légitimité de notre intrusion pas évidente…

Nous quittons Sur pour la dernière étape de notre voyage : Mascate, la capitale. Toute la route se fait en bord de mer, avec des collines de pierres d’un bord et la mer turquoise de l’autre ; c’est magnifique ! Le développement immobilier bat son plein, des digues sont montées dans la mer et créent ainsi de nouvelles banlieues de résidences secondaires alignées, où chaque propriétaire pourra avoir son petit bateau protégé dans la lagune.

Nous nous arrêtons en chemin dans le sinkhole Bimmah : un trou d’eau circulaire formé suite à l’effondrement de la roche. Des escaliers sont aménagés pour y descendre et s’y baigner.

Les mêmes règles de bienséance religieuse prévalent, mais personne n’est là pour les faire appliquer : les femmes se baignent en bikinis. L’eau est transparente jusqu’au milieu, puis s’assombrit avec la profondeur. Bande de nuls, nous avons laissé nos masques et tubas dans la voiture ; ça aurait été le moment idéal pour les utiliser.

Arrivés à Mascate, nous logeons dans un immeuble pour expatriés. L’appartement est entièrement meublé, et gigantesque : on pourrait faire du vélo dans le couloir entre le salon et les trois chambres. Il y a deux salles de bains, trois toilettes, une salle de lavage et une buanderie. La cuisine est occupée par les fourmis, qui ont la décence de s’éclipser au moment de nos repas.

Nous commençons par le soukh de Mascate, Mutrah, situé à 30 minutes à l’Est. Ça, c’est du soukh ! Allées labyrinthiques, monde fou, effusion de couleurs et d’odeurs. Un marchand indien possède tout un ensemble de robes de princesses pour enfants : nous en consommons une paire ; verte pour Lily ; rose pour Zoé. Jacques se trouve une paire de sandales fabriquées en Oman, avec le gros pouce serré dans un anneau de cuir. Jacqueline acquiert un très beau pantalon en tissu léger bleu, parfait pour la chaleur de Noël !

Nous visitons une mosquée de plus : celle de Mascate, la « Grande Mosquée du Sultan Qaboos », est beaucoup plus sobre que les précédentes, et nous paraît du coup plus majestueuse.

Elle est entourée d’une cour intérieure qui, a elle seule, en vaut le détour.

J’essaie d’en persuader Zoé qui est en pleurs parce qu’elle s’est vue refuser l’entrée dans la salle de prière principale ; trop jeune apparemment. J’y ai emmené Lily pour admirer le plus grand tapis du monde fait main d’une seule pièce, genre 70 mètres de long.

On a trouvé que les lustres feraient très bien chez nous

Les bâtiments qui entourent la cour intérieure – salles d’ablutions, toilettes, bibliothèques – ont chacun  une alcôve de mosaïque originale, qui exploite toute la palette des couleurs disponibles.

Zoé, pour se remettre de son chagrin, veut gravir les escaliers menant aux minarets, mais les tours elles-mêmes sont fermées. Pas une bonne journée pour Zoé. Heureusement ce soir-là Anne-Laure et Jacqueline veulent aller renifler les parfums chez Amouage ; elles emmènent Jacques pour faire testeur et j’emmène les filles jouer au parc d’attractions du dernier étage ; super winner pour la petite Zouzou !

Pour continuer dans le rayon Mosquée, nous sommes toujours réveillés à 5h du mat’ par le muezzin. Un soir, nous décidons d’aller découvrir qui nous pète ainsi les oreilles derrière chez nous. L’accès n’est pas évident, car la mosquée est située de l’autre côté de l’autoroute. On marche quand même à travers le chantier de construction qui jouxte nos appartements et on arrive à s’approcher pas mal, juste assez pour voir les coupoles dorées s’illuminer dans le soleil couchant.

Nous repartons à Mutrah un matin avec le noble projet de visiter la vieille ville et le palais officiel du sultan : un exploit architectural digne de Niki de Saint Phalle, qui ici ne suit avec rien mais reste bien rigolo à admirer.

Mais en fait notre véritable ambition, à Jacqueline et moi, est seulement d’aller manger au Bait Al Luban, un restaurant « typique » qui sert des plats omanais, et qui est à l’entrée de Mutrah. Nous nous installons par terre dans un salon privé aux coussins colorés et nous commandons quelques extraits de la longue carte, principalement des viandes marinées servies dans des sauces aux dattes. Pour le dessert, Jacques a pris des pancakes au safran léger, juste pour donner une couleur jaune aux crêpes, entrecoupées de crème pâtissière et décorées de fraises, qui sont déjà bien entamées lorsque je veux en croquer le portrait

Nous confectionnons notre habituel colis de fin de séjour, mais la poste nous le refuse : à cause des grèves de la poste canadienne, Oman n’expédie plus ni paquets ni courriers là-bas. Le gentil postier se renseigne et accepte finalement de garder le colis jusqu’à la fin de la grève pour nous l’expédier alors ; ce qu’il fera effectivement un mois plus tard.

Comme nous décollons le 22 pour Bangkok, nous faisons Noël le 21, avec foie gras et saumon fumé. Nous avons essayé de trouver un apéritif, une bouteille de pétillant, quelque chose, mais il faut être expatrié pour avoir le droit d’acheter de l’alcool ici. Donc jus de fruits. Et assortiment de baklavas goût carton en dessert. Les filles ont entrepris de bricoler un sapin de Noël, avec succès. Elles en ont même fait deux : un avec pied pour tenir sur la table ;

l’autre plat pour tenir au mur.

Nous emporterons ce dernier pour attirer le père Noël en Thaïlande dans 3 jours…

Ça reste tout de même très bizarre Noël un 21 décembre dans la moiteur orientale !


Leave a Reply

Pull for more
MORE