Japon 3/4 : Les Terres du Centre

30 juin au 9 juillet 2019

Nous partons faire la route des seigneurs au temps d’Edo : ils devaient se déplacer deux fois par an entre Tokyo, capitale administrative, et Kyoto, capitale impériale, et traversaient donc le pays avec leur suite, dépensant ainsi toute fortune excessive qui aurait pu leur servir à renverser le pouvoir en place. Nous allons faire une (toute) petite partie de ce périple, sur 7 kilomètres, entre Magomé et Tsumago.

Comme il n’y a pas de train direct pour Magomé, nous sommes obligés de prendre le Shinkansen pour Nagoya, puis des trains locaux. J’aime le Shinkansen ! Pour son extrême ponctualité et pour sa vitesse ; il ferme les portes 10 secondes avant et démarre à l’heure pile-pile, puis fonce à plus de 250 km/h.

Quand il doit ralentir et arrivera 4 minutes en retard, le conducteur et les employés s’excusent plusieurs fois. Déjà que chaque contrôleur, lorsqu’il ou elle traverse le train, salue la rame d’une petite courbette en la quittant, tourné(e) vers les passagers. Quel service attentionné !

De Nagoya, nous allons à Nakatsugawa. De là, nous avions des billets de train pour faire une station de plus, mais les agents nous informent que là-bas, il n’y a rien, pas de bus, pas de taxi. Alors que d’ici, un bus direct nous dépose à Magomé. Ah-ha ! Bus direct alors. Il pleut des cordes. Aucune envie de trainer sous la pluie ni trainer nos sacs à dos, remplis de nos achats tokyoites. Nous nous débarrasserons d’ailleurs de ce poids superflu le lendemain, dans un colis adressé à nous-mêmes : il pèsera 12 kilos !

Magomé, même sous la pluie, c’est beau. Les maisons – toutes traditionnelles – sont en bois foncé et s’étagent le long d’une rue unique très en pente, recouverte d’une belle pierre grise.

Notre pension, évidemment, est située tout en haut, mais on se félicite parce que demain matin, ce sera déjà ça de gravi vers Tsumago.

La pension a une guitare en libre-service que Zoé gratouillera autant que possible. Notre chambre a un verrou qui ne ferme pas, mais, hé, c’est le Japon ; pas de voleurs ici. Comme la pluie offre des intermittences, nous descendons à la recherche de quelques édifices antiques, notés sur notre carte mais finalement introuvables ; on aura fait une balade quand même avant le souper, qui nous est servi dans une maison face à la pension, de l’autre côté de la rue. Magomé s’endort tôt ; nous aussi.

Le lendemain, je me mets à la recherche d’un grand carton pour envoyer notre surplus d’affaires tandis qu’Anne-Laure envoie nos sacs à Tsumago par le service de l’office de tourisme, puis, une fois l’affaire postale réglée, nous redescendons la rue en quête d’un pique-nique à emporter. Finalement, cette rue en pente, on l’aura parcourue une demi-douzaine de fois avant de prendre la direction de Tsumago.

Nous badigeonnons l’esprit des filles d’histoires médiévales, où nous sommes de nobles seigneurs en voyage vers l’Empereur, avec toute notre suite pour nous accompagner, les roues de chariots martelant les pavés, et nous décrivons les maisons autour de nous comme des lieux potentiels d’arrêt ou de divertissement en chemin. C’est pas difficile à croire vu le caractère du chemin.

La matinée est encore brumeuse, et un point de vue sur la vallée nous permet de profiter des volutes de fumée qui semblent monter du pied des montagnes elles-mêmes.

À un tournant, un panneau nous invite à faire un détour par son jardin ; c’est un jardin artistique, parsemé de sculptures et bricolages, et nous rejoignons effectivement notre route quelques dizaines de mètres après. Un peu plus loin, des portes encadrent la route,

et des cloches disséminées tous les 500 mètres – que Zoé met un point d’honneur à sonner – nous avertissent d’ours potentiels. On n’en verra aucun.

Peu avant midi, nous nous arrêtons dans une maison de thé, où un vieux maître nous verse du thé vert toujours prêt à abreuver le voyageur ; une donation est demandée en échange, les filles mettent les quelques pièces dans la tirelire en bambou. Nous nous arrêtons ensuite près d’une cascade, infestée de moustiques, pour déballer notre lunch.

La promenade se poursuit entre forêt et eau trébuchante.

La météo avait prédit 100 % de chances de pluie : que nenni ! Le soleil pointe son nez en début d’après-midi et nous terminons la balade sous un soleil de plomb, et une chaleur telle qu’une crème glacée est promise à ceux qui arriveront à Tsumago. Chose étrange, nous croisons notre pension pour la nuit 2 kilomètres avant d’arriver au village proprement dit. Nous serions-nous trompés d’endroit en réservant ? Va-t-il vraiment falloir remonter ces 2 kilomètres ensuite, avec nos sacs sur le dos ?

Tsumago est un village conservé, si bien qu’on y trouve une faune touristique se promenant de maison en maison avec un guide pour leur expliquer l’usage d’antan.

C’est affreux, mais nous nous en fichons car notre but est simple, basique : manger une glace ! Nous atterrissons à l’office de tourisme, qui nous rassure un peu sur la question des sacs : ils ont certainement été livrés au point relais, juste au-dessus de la pension ; pas besoin de se les trimballer. Excellent ! Par contre, si on ne veut pas rentrer à pied, il faut prendre le bus, et il n’y en a que 2 par jour ; le prochain est dans 2 heures…

Bon, 2 heures pour trouver une glace, c’est jouable, non ? En fait, nous trouvons la glace à trois maisons de là, une bonne glace vanille pour moi, caramel pour Zoé, chocolat pour Lily et pour Anne-Laure. Fort bonne en vérité. Et bien méritée. Nous arpentons la vieille rue, les boutiques, l’abri aux textes de loi : ce petit édifice affichait les lois en vigueur et permettait à un crieur d’en annoncer les nouvelles.

Nous sommes encore bien trop en avance pour le bus, alors nous regroupons les troupes pour un dernier effort et la remontée vers notre pension.

La route de Magomé à Tsumago faisait environ 7 kilomètres ; nous en aurons fait pas loin de 12 ce jour-là. Fiers.

Nous sommes accueillis à la pension par la patronne, super sympa, qui a vécu un an à Montréal pour y apprendre l’anglais. Elle nous emmène en voiture récupérer nos sacs au point relais, puis offre de nous déposer à la gare demain matin, ce qui nous sauvera d’un bus pas évident à aller prendre.

Le soir, nous sommes attablés avec des anglophones, et nos voisins les plus proches sont en fait suédois ; ils reviennent de Chine où ils ont vu l’avenir du monde, fait de richesses, de technologie, de flicage permanent et de contrôle par l’État. Une forme de gouvernance qui, d’après eux, s’adapterait très bien à la montée du radicalisme en Europe.

Nous reprenons le train depuis Nagiso, et redescendons ainsi jusqu’à Nagoya. De là, un dernier train nous emmène à Isé.

La gare d’Isé-shi est toute petite : il y a 3 taxis alignés devant, une rue qui part tout droit vers la mer, et une autre qui oblique vers la gauche, vers les grandes surfaces du coin. Pourtant, l’endroit abrite un site sacré fort populaire : les rochers mariés ; deux rochers reliés par des cordages tressés. Le gros, c’est le monsieur ; le petit, la madame.

Notre hôtel est assez proche pour que nous nous y rendions à pied par la plage. Une courte distance rendue beaucoup plus longue par l’attrait du sable et des coquillages, le temps de prendre le temps d’admirer la mer et nos filles captivées par leur jeu.

Le lendemain, le taxi qui nous ramène à la gare ne parle pas un mot de français, mais nous chante tout « poupée de cire – poupée de son » en phonétique ! Nous faisons une station de train pour passer d’Isé-shi à Isé tout court, gare où nous laissons nos bagages à la consigne faite toute exprès dans une cabane de trappeur attenante à la gare ; très pratique pour ne pas nous trimballer nos gros sacs inutilement. De là, nous allons à pied au premier gros temple Shinto, moins populaire que le second parait-il, mais très impressionnant tant il a bien été préservé. Les constructions ici sont différentes du reste du pays : ils ont ajouté des tricornes en or aux toits. Nous ne pouvons par entrer dans l’enceinte du temple car le prêtre enchaine les cérémonies privées à l’intérieur ; nous voyons seulement défiler les groupes, chaque cérémonie durant 10 minutes max. La balade pour arriver et repartir du temple est en sous-bois, avec de beaux arbres centenaires.

Nous prenons ensuite le bus pour le second temple, à 30 minutes de là. Il y a plus de monde, et il y a un magnifique escalier en pierres pour y accéder, mais à part cela, le temple lui-même ressemble fort au premier, et reste tout aussi inaccessible.

Le truc sympa, c’est qu’avant d’y arriver se trouve un bloc de temples dont les toits font vraiment penser à des casques de samouraïs, et une petite musique est diffusée pour créer l’ambiance.

Sortis de là, et une fois le pont repassé, nous tournons à droite dans la rue commerçante qui mène à la plus vieille rue commerçante du Japon. Ultra-photographiée, elle comporte plein de boutiques type touristiques, mais vraiment chouette en fait.

Nous y mangeons les fameuses Soba d’Isé, ces espèces de grosses nouilles en bouillon. Sur le coup, j’ai cru que les sobas étaient originaires d’Isé, mais Anne-Laure m’apprend que chaque région a ses propres sobas en fait. Cela dit, elles étaient fort succulentes : j’ai pris les soba au calé, ce curry japonais crémeux et un peu sucré, habituellement servi avec du riz. Très bien avec les sobas aussi. Zoé n’a rien voulu manger, elle ne veut que du riz blanc. Alors nous lui proposons des tartelettes au fromage blanc, dorées sur le dessus : Zoé s’en régale tellement que nous en rachetons une deuxième. Il y a une boutique de jouets anciens japonais, avec plein de personnages en bois, et plus loin du thé vert nécessaire à la collection grandissante d’Anne-Laure.

Nous reprenons le bus en sens inverse, direction la gare et le train pour Nara, où nous dormons dans le même Ryokan qu’Anne-Laure avait réservé pour elle et ses parents 15 ans auparavant : un maison carrée avec son jardin intérieur au centre, composé d’arbustes et de petits ponts ; chouquet.

Nara possède une immense parc, classé au patrimoine mondial, dans lequel se trouve plein de temples. À cette étape, Zoé est tannée des temples et nous le fait savoir chaque jour : « Encore marcher ? Mais pour voir quoi ? Encore des temples ! Il n’y a rien à voir ! » Zoé, ce qu’elle aime, ce sont les scarabées avec leur carapace aux reflets verts et mauves ; les vers de terre et les limaces, les papillons et les écureuils. Alors il faut ruser : « Tu vas voir, aujourd’hui, il y a des daims partout. » Et c’est vrai : nous ne sommes pas encore aux temples que les daims vivent tranquillement leur vie sur chaque coin d’herbe, même au bord des routes. Arrivés au parc, c’est une véritable concentration d’animaux et même la cohue, car ils sont nourris par les visiteurs, qui peuvent acheter un paquet de Sembé, des biscuits de soja.

Nous partageons un paquet en deux : Lily finit en pleurs parce que les daims lui ont sauvagement piqué toute sa réserve d’un coup, et Zoé saute à notre cou pour se protéger.

Nous passons par une grande porte en bois, protégée par des esprits géants,

avant d’arriver au Todaiji, le grand temple bouddhiste tout en bois de Nara. Pour la petite histoire, il est passé au feu et a été reconstruit il y a 300 ans, seulement un tiers plus petit qu’avant.

Honnêtement, même sans son tiers, c’est ultra-impressionnant, rien que par l’espace qu’il occupe, mais aussi par le Bouddha géant qui l’occupe, deuxième plus grand du Japon (les Japonais adorent donner des classements aux choses).

Le Todaiji fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Sortis de là, nous avons encore plusieurs options de temples à visiter dans le parc. Les filles n’ont plus qu’un mot à la bouche : « Sembé » ; elles veulent réitérer leur exploit précédent auprès des daims faussement placides. Une sorte d’attraction-répulsion probablement.

Bref, nous achetons un paquet. La stratégie s’est bien affinée entretemps, et les filles parviennent à nourrir les daims de leur choix cette fois, ouf. Nous fêtons cela, et la collation, avec des petits gâteaux fourrés à la crème pâtissière, en forme de daim évidemment.

Au bout d’une allée bordée de vieilles lanternes toutes pleines de mousse se trouve… le temple aux lanternes !

Le Kasuga-Taisha est vieux de 1300 ans ; tellement vieux qu’un arbre pousse à travers le toit !

Nous en faisons le tour, dehors puis dedans, et nous arrêtons de compter ses lanternes pratiquement tout de suite. À un moment, il y a une salle plongée dans le noir, fermée par un rideau opaque. Le touriste est invité à y pénétrer, pour y découvrir un choix de lanternes illuminées. Les murs sont en miroir pour donner encore plus de profondeur aux reflets, c’est assez magique.

Sérieusement, des temples, on aurait pu passer la journée à en faire dans ce parc, mais Zoé nous aurait tués, donc nous profitons aussi des agréments d’un parc : ses allées, petits ponts, passages en pierre ; ça amuse beaucoup les filles.

Nous passons l’air de rien devant d’autres temples, juste pour voir. Puis nous rentrons par les rues commerçantes de Nara, dont les allées couvertes, encore ici populaires.

Petit coup de Shinkansen et nous voilà à Kyoto. Kyoto, je connais comme ma poche : j’y ai vécu 6 mois et l’ai parcouru dans tous les sens à pieds. Seulement voilà, c’était il y a 20 ans, et c’est comme si tous mes repères avaient disparu. Même le Takashimaya, grand magasin central qui servait de point de rendez-vous entre amis, ne me parle plus. Autre chose étonnante à Kyoto : bien que moins peuplée que Tokyo, et de loin, c’est aussi beaucoup plus encombré et plus embouteillé que la capitale. J’y retrouve au moins une chose : l’impossibilité de dépasser les groupes de passants qui occupent toute la largeur du trottoir et marchent tranquillement, sans même sentir ma présence qui pousse derrière eux.

Notre hôtel est juste au-dessus de Gion, mais la réception n’ouvre qu’à 16h, nous y laissons donc nos sacs planqués dans un coin à balais et nous promenons dans Gion en attendant. Un chouette magasin de vêtements traditionnels est ouvert sur notre chemin, où les vendeuses nous montrent les différences entre les fabriques et les coutures, faites à la machine ou à la main. 50000 yens le Yukata, avec des paysages du Japon traditionnel brodés au fil bleu. Trop cher, mais très beau.

Nous faisons le tour de Gion en suivant les circonvolutions de la rivière et en tentant de nous perdre dans les petites rues. Nous trouvons des petites boutiques, dont un marchand de Kasutera, ces petits sponge-cakes en forme de boules, dont je me baffre,

et qui vend également une sorte de beignet de fromage arc-en-ciel sur lequel les filles s’enthousiasment.

Puis nous débouchons sur la grande rue commerçante menant au pont de Gion-Shijo.

Les restaurants le long de la rivière ont l’air sympathiques, nous pensons y retourner un de ces soirs. En attendant, j’ai un but super intéressant : trouver des couteaux en céramique. Google me donne deux adresses, qui nous font marcher presqu’une heure, pour finalement ne trouver que des couteaux en métal. Les filles sont épuisées, nous prenons le métro pour rentrer à l’hôtel, puis nous allons chercher des pizzas dans un restaurant du coin, qui se vante de faire venir 80 % de ses ingrédients directement d’Italie. Résultat concluant, effectivement.

Ce matin, nous partons tout au sud de Kyoto, au Fushimi-Inari, ces fameux Tori alignés par milliers sur des kilomètres le long de la montagne.

Il y a plusieurs paliers, nous grimpons le premier tellement facilement que nous enchainons le deuxième presque en riant, et en nous moquant de la moitié des touristes qui ont déjà abandonné la montée. Au troisième, nous consultons la carte nous indiquant notre progression vers le sommet final, et décidons que nous en sommes capables. Les marches s’enchainent, nous montons toujours. Une demi-heure plus tard, une autre carte nous montre notre progression, quasi-nulle. C’est le problème des cartes sans échelles. La vue est splendide, la marche était déjà assez gratifiante, nous redescendons avant la fin, satisfaits. En bas nous attendent les kiosques de bouffe de rue, repérés à la montée, qui font entre autres des Takoyakis (boule de pâte renfermant un bout de pieuvre), des Yakisobas (nouilles sauce marron) et des Okonomiyakis (crèpe au chou). Nous y retrouvons une famille québécoise qui faisait la file avec nous devant les pandas au parc Ueno à Tokyo, c’est rigolo.

Nous remontons ensuite vers l’Est de Kyoto, au Kyomizu-dera, le temple de l’eau.

J’en avais un super souvenir car il était moins conventionnel que les autres temples, on pouvait se promener dedans et jouer avec les grandes vasques d’eau. Malheureusement, le temple est en rénovation, couvert de grandes bâches. On peut toujours y entrer et profiter de la vue, des magnifiques planchers de bois ciré, mais la visite est plus limitée. Devant le temple s’ouvre une rue commerçante, emplie à l’époque d’artisans céramistes qui vendaient leurs bols à même la rue devant leur échoppe ; aujourd’hui, les magasins sont tous bien montés avec vitrines et décors alléchants, spécial touristes.

Nous trouvons une boutique à l’air empoussiéré, tenue par deux petites vieilles, qui gardent une collection d’anciennes tasses dépareillées sur une étagère croulante. Elles ont aussi de très belles théières, faites ici. Dans la rue, nous croisons des tas de filles en kimonos très jolies, bien apprêtées, qui sont en fait des touristes asiatiques ayant loué leur vêtement pour la journée. Quelques gars sont déguisés également, en kimonos plus sombres et plus sobres.

Ce soir, nous tentons de trouver un Izakaya le long de la rivière près de Gion-Shijo. Trouver l’adresse n’est pas une sinécure, conclue par un refus désolé, le restaurant étant déjà plein. Après d’autres recherches pas plus concluantes, nous finissons à l’étage d’un restaurant très moyen proposant du Shabu-shabu, la fondue japonaise. Nous sommes quand même contents car nous avons la vue sur le fleuve, exactement ce que nous souhaitions.

Anne-Laure veut se plonger dans la forêt de bambous, nous prenons donc le train pour Arashiyama. Comme je ne suis pas n’importe quel touriste, je décide d’ignorer le flot de gens qui vident le wagon, certain que l’arrêt suivant nous amènera aux portes de la forêt. C’est un peu le cas, car nous découvrons de magnifiques gorges avec des arbres plantés à flanc de montagne. Mais comme je me suis planté, le prochain arrêt est 7 kilomètres plus loin, dans un coin paumé, et il nous faut reprendre le train dans l’autre sens. Bref, après ce léger détour, nous marchons enfin dans la forêt de bambous, qui s’épanouissent de part et d’autre du chemin goudronné et fléché. C’est assez dense pour que la lumière joue entre les troncs. Très photogénique.

Doucement, nous arrivons face à la rivière et nous longeons l’eau pour aller vers la montagne aux singes. Le soleil tape, l’entrée aux singes est payante : las, nous faisons demi-tour et repartons vers la gare pour revenir au centre-ville. Il y a un petit train à deux wagons qui possède sa propre station et sa propre ligne, dont l’arrêt final se situe à un kilomètre du Kinkaku-ji, le temple d’or, au Nord-Ouest de Kyoto. Vu la passion de Zoé pour les temples, nous essayons de nous limiter aux plus intéressants, c’est pourquoi nous avions sélectionné celui-ci pour aujourd’hui. Le Kinkaku-ji semble figé dans le temps, toujours resplendissant, toujours brillant, comme un sou neuf.

Le temple lui-même posé sur l’eau avec les jardins autour est magnifique, et la promenade qui le contourne est sympa aussi.

Ce soir, nous ne réitérons pas l’erreur de la veille et tentons de réserver notre souper. Au téléphone, la personne nous informe que c’est difficile, et qu’il nous faut passer. Il est autour de 18h lorsque nous y allons, persuadés qu’il nous faudra revenir plus tard, mais non : la dame semble avoir compris notre réservation et retenu une table pour nous quatre. Il est tôt, mais jamais trop pour déguster de véritables Okonomiyakis et Yakisobas, car la région de Kyoto est réputée pour ces spécialités. Le restaurant est fameux, et les plats à hauteur de nos espérances, cuits sur la plaque qui nous sert de table ; gros régal.

Re-Shinkansen, pour Himeji. Zoé va être contente, nous n’allons pas visiter de temple cette fois, mais un château ! Bien qu’entouré de murailles, le château blanc émerge majestueusement à l’horizon.

Nous grimpons les 7 étages de la tour principale, tout en bois ciré ; l’intérieur est magnifique.

Lily a pris un pamphlet explicatif en français et nous décrit les choses à voir. Nous visitons également les dépendances, aux longs couloirs de bois,

et dans chaque pièce des explications sont données sur la construction des tuiles pour le toit, des ornements en céramique, de la rénovation du château, en vitrines et dans une vidéo très intéressante. Nous avons tout fait, dans tous les sens. En quittant le château, nous allons aussi visiter les jardins tout à côté, où la cérémonie du thé sera malheureusement fermée. Les petits jardins aménagés sont super mignons.

Nous marchons un peu dans Himeji pour revenir à notre pension, mais il faut avouer qu’à part une galerie commerçante couverte composée de plusieurs rues, il n’y a pas grand chose d’autre à voir. Pour souper, nous nous heurtons à nouveau aux difficultés de Google Maps au Japon et finissons dans un nouveau restaurant, aménagé en sous-sol. Une mezzanine y a été aménagée sur laquelle on nous installe. Les serveurs sont charmants et les filles sont enchantées de surplomber ainsi la salle. Les voisins fument malheureusement, mais c’est ainsi dans les restaurants au Japon.

En sortant, nous faisons une pause au 7-eleven pour retirer un peu d’argent liquide, où Lily regarde les paquets multicolores à travers la vitrine. À ce moment, un japonais sort du 7-eleven et tend à Lily un de ces fameux paquets, avec un grand sourire, comme ça, cadeau, puis s’en va. Nous sommes confus, et le remercions vivement. Le paquet s’avère être un ensemble de feux d’artifices, que nous offrirons à notre tour à la réceptionniste de l’hôtel, n’ayant nulle part où les tirer et ne pouvant point voyager avec.


Leave a Reply

Pull for more
MORE