Japon, 20 ans plus tard : 1/4, L’Île du Nord

16 au 24 juin 2019

Ni Anne-Laure ni moi n’avions visité Hokkaido lors de nos études, nous arrivons donc à Sapporo pour re-découvrir ensemble le Japon.

Les filles sont écrabouillées par le manque de sommeil après l’avion et s’endorment dans les fauteuils de l’hôtel. Nous les forçons à se réveiller car il est 13h et il faut manger pour se recaler. Le restaurant de l’hôtel offre un buffet, toujours gagnant avec Lily, et Zoé reprend vie grâce aux sobas que nous faisons passer pour des spaghettis. La nourriture est probablement assez moyenne, mais pour Anne-Laure et moi, comme c’est japonais, nous la trouvons succulente, rien que par le fait de retrouver ces saveurs uniques.

Il y a un festival dans un parc de Sapporo, mais nous avons peur que les filles ne suivent pas, nous nous contentons donc d’un petit tour en ville, parsemé de processions qui viennent à nous dans tous les sens.

Il y a une allée commerçante couverte dans laquelle nous explorons les spécialités du coin, comme leurs mikados au melon ou les kit-kats saveur fraise-haricots rouges…

Nous soupons dans un restaurant de ramens qui n’a que 5 tables et offre un menu spartiate : ramens au shoyu ou ramens au miso ; nous commandons 2 et 2. Chaque plat ressemble à un saladier dans lequel trempe 1/2 kilo de nouilles surmontées de 3 ou 4 oignons verts hachés au complet ; c’est gigantesque. Les filles virent le tas d’oignons avant de commencer…
A 20h nous dormons tous.
On se réveille tant bien que mal 20 minutes avant l’heure de fin du petit déjeuner,

puis nous prenons le métro pour aller visiter le plus ancien sanctuaire shinto de l’île. Nous expliquons l’idée des kamis, ces esprits présents en tout, parfois représentés par des formes animales ou végétales accrochées aux troncs des arbres, alors le grand jeu devient « trouver ces petits pendentifs avant les autres. »
Au sanctuaire, les filles font un voeu et nouent leur petit papier comme tout le monde, puis Lily s’achète une « protection totale » parmi les amulettes vendues au temple. Zoé est attirée par le son du gong et des flûtes jouées par les prêtres à l’intérieur pour une cérémonie privée.

Après une pause aux jeux mouillés, nous allons en ville visiter l’entrée de l’Université ; un bâtiment en briques rouges qui détonne au milieu des immeubles et des maisons de style traditionnel.

Une jolie mare de nénuphars borde l’endroit et on essaie de l’imaginer sous la neige en hiver… est-ce comme Québec, ici ?
Sapporo est une grande ville, sans rien de formidable, mais on a quand même trouvé le moyen d’aller sniffer les ramens dans une vieille allée perdue, où l’enfilade de boui-bouis n’offre pas plus de 6 places au comptoir avant d’afficher complet ; c’est agréable cet air d’antan.

À l’hôtel, les filles s’émerveillent devant les options des toilettes et se mouillent le t-shirt en essayant les jets d’eau.
Nous louons une voiture chez Toyota, idéalement situé dans le hall de l’hôtel, pour visiter Hokkaido. J’avais réservé une Corolla, la jugeant de taille moyenne, mais au Japon ils ont tous des petites voitures carrées, plus hautes que larges, qui fait passer notre Corolla pour un tank.
Première étape : Furano, où nous dégustons un excellent melon bien orange et sucré, imbibé de glace au melon

avant d’aller explorer la ferme florale

qui propose tous les produits possibles à la lavande, même des crèmes glacées. Même leurs scooters sont mauves.

Une fois l’autoroute quittée, nous nous rendons compte que tout le pays est limité à 50 km/h. Partout. Et quand on est en rase campagne, c’est lent, c’est lent… Tous les japonais roulent cependant 20 km/h au-dessus des limites autorisées, alors on accélère aussi.
Nous arrivons ce soir aux fameuses sources d’eau chaude de Sounkyo, à Kamikawa, dans un hôtel malheureusement fumeur, qui offre des chambres avec des tatamis ; première expérience des futons pour les filles.

Le souper est servi sous forme de buffet gargantuesque ; nous essayons donc un peu de tout pour tester les saveurs. Zoé renâcle, décidant au visu ce qu’elle aime ou non, et finit par manger du riz blanc ; Lily est plus ouverte, goûte à tout et juge après, mais reste accros aux sashimi de saumon. Le plus surprenant est un morceau de poulet carbonisé – réellement noir charbon – que les japonais trouvent succulent ainsi.
Ce matin, nous survolons la montagne,

en cabine téléphérique d’abord, puis en télésiège,

pour grimper le Kurodake, la chaine de montagne du Daisetsuzan. Il y a des névés là-haut, et les filles sont trop contentes de remettre les pieds dans la neige ; Québec nous manque.

La promenade est rapide, à midi nous sommes redescendus et mangeons dans un des rares restaurants ouverts en cette basse saison. La bouffe n’est pas terrible ; nous devenons plus exigeants. Le village, quant à lui, nous appartient.

Pas très loin se trouvent 2 fameuses chutes d’eau. On aime ça les chutes d’eau !

Elles sont tellement faciles d’accès qu’à 15h, en ayant traîné autant que possible, nous sommes de retour à l’hôtel, à la grande joie de Zoé qui déteste marcher. Nous allons donc tester convenablement le Onsen (bain chaud) : nous revêtons les yukatas fournis par l’hôtel

et montons aux bains, femmes d’un côté, hommes de l’autre. Je pensais m’ennuyer tout seul, mais la vue depuis le onsen permet de contempler la montagne encore enneigée au sommet, et la rivière qui coule au pied, dans la vallée. Je repense au fameux mantra permettant d’atteindre l’illumination : « mais où va donc cette goutte d’eau qui coule ? » et je profite de l’instant.
De leur côté, les filles ont eu trop chaud et n’ont pas réussi à se baigner.
Nous poursuivons notre route toujours plus loin vers l’Est d’Hokkaido, en pays Ainu, les premières nations japonaises. Nous logeons ce soir à Shari, dans la pension d’un chef Ainu, où nous croisons une famille Renard sur le stationnement.

Nous marchons à l’entrée du Shiretoko national park – patrimoine mondial – vers la cascade et le phare pour ce premier jour ici.

Lily a peur qu’un ours ne nous guette quelque part, mais nous croisons seulement un faon avec sa maman.

Le second jour, nous faisons une randonnée en boucle depuis le centre d’interprétation, puis nous poussons la promenade jusqu’aux cinq lacs ; balade aménagée sur des superbes passerelles en bois, qui offre une vue eau+montagnes verdoyantes imprenable,

mais malheureusement toujours pas de nounours. Lily est mi-déçue seulement.
Un dernier arrêt permet d’aller se tremper les pieds dans une cascade d’eau chaude, après 20 minutes de voiture sur une piste empoussiérée. Zoé ne trouve pas l’eau si chaude que ça…

La ville de Shari est principalement portuaire et, outre sa proximité avec le parc, son seul intérêt est de pouvoir y admirer Godzilla :

Puis on retraverse toute l’île, mais dans l’autre sens, direction la côte Ouest. Nous faisons une pause dans un bagel shop à Eniwa, pour y dormir ; c’est marrant. Les bagels sont cependant sans trou, comme des petits pains, et sont farcis de cannelle (miam), de thé vert (faut aimer), de fromage (curieux) ou de curry japonais (à 8h du mat’, boarf).

Et enfin Hakodate, notre dernière étape sur Hokkaido. On s’est tous acheté une paire de ohashi (baguettes pour manger) au marché couvert, après s’être promené dans Motomachi, le quartier traditionnel : il y a de jolies vieilles maisons ici, en haut d’un port moche.

Et avant de voler vers Tokyo, nous visitons le marché de Hakodate, avec des crabes d’un mètre d’envergure pesant 6 kilos.


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