Japon 2/4 : La Capitale

24 au 30 juin 2019

Nous avons un Airbnb à l’est de Tokyo dans le quartier Shin-Okachimachi. Ce qui est bien, avec Tokyo, ce sont des quartiers qui restent à taille humaine : les rues sont super étroites, certes, mais les maisons ne font que 2 à 3 étages ; on peut se promener entre elles relativement paisiblement.

Le Sensoji, dans le quartier d’Asakusa, est le temple préféré d’Anne-Laure : on y arrive par une longue rue qui permet de voir de loin la gigantesque porte du temple,

gardée par deux immenses statues de bois, avant de rentrer dans l’enceinte du temple lui-même. J’ai presque préféré la porte au temple, tellement il est impressionnant. Zoé a surtout aimé jouer avec la fumée d’encens devant l’entrée.

D’une manière générale, Zoé aime les rites de purification, que ce soit en fumée ou avec de l’eau, où elle peut jouer à remplir les petites louches.

Puis nous rejoignons le parc Ueno d’un coup de train. Il faut avouer que les transports en commun dans Tokyo sont formidables : proches, connectés, rapides, fréquents. Le train coûte même moins que le métro et, pour l’équivalent d’1,5$, rejoint les principaux points d’attraction, parfait.

À Ueno, il y a un zoo. Et dans ce zoo, des pandas, dont un qui s’appelle « Lili » (un mâle cependant). Nous faisons donc la file pour leur jeter un oeil curieux, puis nous visitons tout le zoo. Zoé voulait voir les chauve-souris (Batman !) ; Lily les tigres ; et comme il y a plein de trucs entre deux, on fait tout. Après diner, on prend le monorail

qui nous projette dans l’aile ouest, avec les gros z’animaux d’Afrique : zèbre, rhinoceros, giraffe… en un ou deux exemplaires maximum, désolés, passifs, la grosse déprime ; on pousse un peu les filles vers la sortie avec des promesses d’armures de samouraïs dans le musée d’à-côté. Pas notre truc, les zoos.

On fait léger pour le musée, car les filles ont déjà bien marché aujourd’hui, et il fait super chaud et humide, Zoé n’en peut plus, nous nous concentrons donc sur les salles d’armures et de vêtements, dont de superbes yukatas anciens aux motifs et couleurs florales qui « rafraichissent », d’après le cartel.

On reprend le train pour Shinjuku, parce que j’avais une envie nostalgique de boire un verre sur le toit d’un grand magasin (Biergarten, à l’allemande).

Quand on aime la bière blonde de base, c’est pas compliqué. Mais quand on veut des jus de fruits pour les filles ou une bière ambrée pour avoir un peu de goût, bah nan, c’est pas possible. Tant pis. Alors restaurant plaisir ce soir : Sukiyaki, cette fameuse fondue japonaise où on trempe la viande tout juste bouillie dans un oeuf battu, slurp !

Nouvelle journée, nouveau temple : le Meiji-jingu dans Yoyogi-koen, avec ses deux magnifiques camphriers.

Nous en ressortons par l’une des grandes portes

pour descendre dans Harajuku. Il s’y trouve une « rue des chats », dont nous avons cherché les félins, en vain. Anne-Laure se souvenait d’une rue vachement plus rigolote, juste au-dessus, Takeshita-dori, qui abrite des tas de boutiques originales, de designers, frippes ou gadgets, parmi les marchandes de crêpes et de bonbons. Encore une fois, il fait trop chaud, on a faim, mais notre but ce midi est d’atteindre Shibuya et sa rue des kaiten-sushis. Les japonais les appellent des golo-golo-sushis : des « sushis qui se promènent » ! Ils sont en effet présentés sur des petites assiettes et passent sur un tapis roulant ; Lily exulte ! La joie du buffet et du sushi combinés !

On descend ensuite la grande rue menant au fameux carrefour piéton de Shibuya,

que l’on traverse pour trouver notre dessert : situé au cinquième étage d’un immeuble, le Microcosmos fait des pancakes au chocolat et aux fruits rouges très cochons !

Même la petite portion est énorme, surtout après tous les sushis déjà consommés ; ce soir, nous mangeons juste des légumes crus pour le souper.

Nous retrouvons Chinatsu ce matin !

Dans Yanaka, un quartier qui a le mieux conservé ses maisons et son cachet d’antan. Nous y visitons un temple, puis nous descendons la rue commerçante, où un artisan propose plein d’objets en bambous.

Nous mangeons dans le coin puis nous poursuivons notre grand but intersidéral raison cosmique de notre venue au Japon : le magasin Totoro ! Je l’avais repéré sur google maps, quelque part au nord-est de la gare de Tokyo. Et on l’aura cherché, ce magasin ! En fait, il était perdu dans les couloirs sous-terrains du métro, et il était tout petit ; supers déçus nous sommes ! Qu’importe, il y en a un autre, qui promet d’être gigantesque, alors hop, nous filons jusqu’à la Sky Tower.

Bon, là c’est raisonnable, mais pas encore la caverne d’Ali-Baba du monde de Miyazaki dont nous rêvions.

Nous soupons dans les étages du grand magasin, un restaurant d’Okonomiyaki (omelette japonaise à base de chou) et Yakisoba (nouilles sautées sauce caramélisée).

Ginza : Chinatsu ne peut pas nous rejoindre ce matin, mais elle nous a conseillé de passer par un magasin de jouets « qui n’est pas que pour les enfants » ; nous commençons donc par là notre journée de magasinage intensif, qui s’enchaine ensuite par Kyukyodo (les papiers de riz et imprimés japonais ; j’achèterais tout !), Sanrio World (le monde d’Hello Kitty, un étage complet de bidules roses et souriants), Muji, Itoya (l’autre magasin de papiers ; ils ont de chouettes trucs aussi), et nous nous pointons à la poste à 16h55, tous sourires, pour expédier à nous-mêmes au Canada notre tube de papiers fraîchement acquis. Service irréprochable ; les employés ont fermé derrière nous.

Nous poussons un peu plus haut dans Ginza vers Hachobori pour aller manger au Denshou : le restaurant du papa de Chinatsu !!! Yasuda-san est tout seul derrière les fourneaux à concocter et cuire ses multiples bouchées, tandis que sa femme Akemi-san et une serveuse aident aux commandes et service. Le restaurant-bar-Izakaya est situé dans un sous-sol avec tables en bois, éclairé par une lumière tamisée et le feu des grillades ; l’ambiance est hyper chaleureuse. Chinatsu nous questionne un peu sur nos préférences, mais sait déjà ce qu’elle souhaite nous faire découvrir. En attendant, Anne-Laure déguste son Umeshu (alcool de prune) tandis que je me délecte d’une bière rousse très rare, la Kohaku no toki d’Asahi.

Le plat le plus surprenant : camembert grillé ! Recette de Yasuda-san à base de camembert, donc, de miso, de mirin et de vin blanc ; succulent.

On se régale et on rentre se coucher avec le projet du lendemain tous ensemble : aller dans un restaurant très à l’ouest de Tokyo.

Départ sous la pluie ce samedi matin vers Konakano, dans une voiture louée par les Yasuda pour nous 7, papa au volant. On s’arrête pratiquement tout de suite dans Tsukiji, le fameux marché de Tokyo, dans lequel Yasuda-san s’approvisionne en poisson frais chaque matin. Il connait tout le monde. Nous y découvrons notamment les grillades de baleine, des morceaux de viande rouge qui deviennent marron en grillant comme du boeuf.

Nous passons dans une arrière ruelle voir les faiseurs d’omelettes : ils ont des poiles carrées pour faire des tranches faciles à incorporer aux sushis.

Puis nous reprenons la route pour sortir de Tokyo et arriver une bonne heure plus tard dans un grand magasin qui vend des yukatas pour enfants. Re-voiture vers un temple important pour la famille de Akemi-san,

et vers 14h nous arrivons à Akiruno-Shi, dans la région de Konakano, devant le restaurant Kurochaya. L’endroit est à tomber par terre : une petite rivière coule devant le stationnement,

des arbres et une stèle guident nos pas vers l’entrée de l’établissement, gardé par un petit pont de bois arqué, et mitoyen d’une roue à aube.

Le chemin se perd sous les bois, mais nous sommes éclairés par les lanternes des petites maisons qui servent de boutique et de salle de réception.

Nous montons les quelques marches de pierres moussues pour entrer dans la bâtisse principale, une longue maison tout en bois traversée par un couloir verni et des shojis (cloisons avec papier de riz) de toutes parts.

Respect et émerveillement. Notre salle est prête à nous accueillir, et nous dégustons un 5 services, avec notamment des brochettes de poisson à la peau salée, cuites sur leurs baguettes à quelques centimètres au-dessus de la grille.

L’ensemble du repas est beau et délicieux ; un régal des sens. Merci Famille Yasuda !

En reprenant la route vers Tokyo, seul Yasuda-san tient bravement le volant éveillé tandis qu’une sieste générale s’impose dans la voiture.


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