Chivay bis, décollage manqué

9 et 10 juillet 2018

Les voyageurs étaient prêts à l’aube (7h30…) pour six heures de route vers Puno, puis Llachon, et enfin le lac Titicaca.

On a raté.

Le bus était là, les réservations faites avec un guide là-bas qui ne parlait que le quechua, le bateau en joncs tressés, la nuit sur les îles ; tout.

Mais les voyageurs étaient mal en point, altitude et tourista frappants. Anna a vomi son petit-déjeuner ; Clémence nous a fait un malaise. L’une s’est retrouvée sous oxygène, l’autre sous perfusion. On a passé la matinée à l’hôpital de Chivay, les parents à se cailler dans la bâtisse, les autres à regarder les cactus pousser

Ça a aussi été l’occasion de mieux connaître Chivay, toute petite ville construite autour de la Place d’armes (toutes les villes péruviennes en ont une), avec des commerces dans chacune des rues alentours, un petit marché couvert et un magnifique parc pour enfants.

C’est ainsi que nous avons abandonné le plan du Titicaca, complètement, tant pis, un voyage c’est aussi renoncer à l’idée de tout voir, et c’est sans aucune frustration que nous avons mis le cap dès le lendemain sur Cusco

Depuis Chivay, c’est à dix heures de voiture, non pas à cause d’une distance effrayante, mais simplement parce que la route est souvent remplacée par des chemins de terre, traversée par des camions, et qu’il y a plusieurs cols à passer (on se balade en moyenne à 4000 mètres).

Les filles ont été adorables, subissant le trajet avec patience, s’occupant entre iPad, siestes et comptage de Vigognes. Un miracle. D’autant plus apprécié que, depuis le début du voyage, Anne-Laure et moi n’avons l’impression de ne gérer que des frustrations. Naïvement, nous étions partis avec l’idée de jouir de soleil et de rires, et nous nous retrouvons en fait à contrer le froid (2 degrés le matin, 10-15 dans la journée), les désagréments intestinaux, et les récriminations des filles :

  • je veux acheter ça;
  • je veux manger ça;
  • j’aime pas ça;
  • j’ai faim;
  • à bras;
  • c’est long…

Avec finalement pour toute conclusion : « Pfff, c’est plate… »

On fait ce qu’on peut, mais ça ne semble jamais assez ; le voyage ne se suffit pas à lui-même pour les enfants. Et le goût de la découverte varie selon les lieux et les moments. Par exemple, Zoé est très intriguée par les sempiternels tableaux de la crucifixion : « pourquoi les romains ils voulaient tuer jesus crips ? » et les visites de sites Incas apportent d’autres questions : « pourquoi les espagnols voulaient tuer tous les Incas ? ». Lily est plus tournée vers la consommation : un morceau de chocolat ; l’achat d’une peluche Cochon d’Inde (nommée Chivay, du coup)(peut-être un souvenir morbide des cochons d’Inde qu’on mange aplatis et frits, au Pérou, figurez-vous) ; une pizza margarita ou des pâtes sauce tomate ; et c’est le meilleur plat qu’elle ait jamais goûté ou le plus beau jour de sa vie !


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