Au pays des Kiwis

22 janvier au 12 février 2019

On avait un super bon miel avec nous en arrivant à l’aéroport de Christchurch, où nous attendaient de magnifiques spots télévisés nous prévenant que tout miel importé était interdit et l’amende salée… On l’a déclaré… On se l’est fait confisquer… Mais avec un sourire compréhensif du douanier moustachu, qui nous a souhaité bonne journée en français.

Raymond et Danielle, arrivés plus tôt ce matin depuis Québec, nous attendaient au motel. Nous marchons jusqu’au centre ville où une sorte de cabane prépare des pina-colada devant un stand de théâtre

Nous y faisons une pause apéro et regardons passer le tram à touristes, avant de nous rapprocher des restaurants et des terrasses, où nous profitons agréablement de nos amis et du souper sous le soleil tombant. Il y avait de la poutine dans le resto d’à-côté, mais dans l’ombre, ça le faisait pas !

Nous visitons Christchurch à pied le lendemain, en longeant le fleuve

pour ensuite traverser le parc, ses jeux et ses jardins de roses.

Nous débouchons sur les musées et les galeries, puis nous empruntons le fameux tram pour faire le tour de la ville, ce qui soulage grandement le pied accidenté de Danielle.

Nous nous arrêtons dans une rue commerçante pour manger une glace et des cookies artisanaux, et nous rentrons au motel avant la pluie. Nous commandons des pizzas, mais la livraison tardera beaucoup ; pas grave, nous avons nos bières et vins du coin à goûter.

Dehors, la pluie et le vent battent leur plein, mais seulement le temps de la nuit, puisque le soleil revient au matin. Raymond et moi partons chez Juicy récupérer les campervans pendant que les filles préparent les bagages.

Nous allons faire les courses pour remplir les frigos des campers et partons assez tardivement pour le Lac Tekapo, en roulant bien à gauche, oscillant de virages en virages entre les montagnes. Lorsque nous nous arrêtons pour admirer enfin le lac et prendre des photos, nous nous apercevons que notre camping est juste là, à 500 mètres, sur le bord de l’eau : joie ! La tenancière nous donne une place un peu en hauteur, avec une vue splendide ; et il y a des jeux pour enfants ! Un bon début de trip.

Nous repartons ensuite par le lac Twizel, juste à côté, et filons vers l’Est et les boulders de Moeraki sur la côte, en faisant un coucou de loin au Mont Cook, le plus haut du pays. C’est une longue journée de conduite et nous sommes obligés de nous restreindre en pause photo, pourtant les paysages de Nouvelle-Zélande mériteraient d’être tous photographiés, tant ils sont changeants d’une vallée à l’autre.

Arrivés sur la plage, nous allons admirer ces étranges roches sphériques à demi-immergées,

puis nous allons du côté de la jetée pour chercher les pingouins à yeux jaunes ou bleus ; l’autre curiosité du coin. Mais nous arrivons trop tôt, car les premiers ne sont tout simplement pas là en ce moment et les seconds ne rentrent de pêcher qu’à la nuit, lorsque le parc est fermé aux touristes… Danielle achète quand même des porte-clefs pingouins aux filles pour le souvenir !

La route n’est pourtant pas terminée, nous devons pousser encore plus loin vers Dunedin, motivés par l’attrait d’un pub au nom évocateur « The Duke of Wellington » qui a la plus grande sélection de bières du coin et nous confirme au téléphone servir à souper ; ce qu’il infirme une fois arrivés sur place. Il nous invite cependant à remonter la rue vers le Speights Ale House. Honnêtement, nous sommes vannés. Et affamés. Nous suivons son conseil comme des robots. Coup de bol, le Speights est un pub sympa avec des grandes tables, des portions ÉNORMES et un choix de bières respectable ; nous nous attablons donc, le moral remonté à bloc. Le camping – en ville – n’est pas super, mais on ne veut qu’une chose : dormir !

On se réveille sous la pluie pour aller visiter Dunedin, qui a une gare très chouette

et un petit marché collé en arrière. Nous ne tardons pas, car notre prochain rendez-vous est à Queenstown.

Sur la carte, en préparant le voyage, les distances ne nous semblaient pas si insurmontables : moins de 300 bornes, en roulant bien, on pensait s’en sortir en 3-4 heures max. Erreur. Déjà la veille, le temps de transport nous avait surpris ; maintenant c’est officiel : la Nouvelle-Zélande, en campervan, c’est très, très, très long ; entre notre allure, la pause lunch, les cols et les virages serrés à l’infini, il nous faut presque 7 heures pour faire le trajet.

Nous nous arrêtons un peu avant Queenstown, à Alexandra, ville sans intérêt mais qui nous permet de rentrer dans Queenstown le lendemain frais et dispos, après avoir traversé les vignobles.

Nous faisons une pause chez Juicy pour régler le problème de plombs qui avaient sauté dans le campervan de Raymond & Danielle… à cause du grille-pain, découvriront-ils !

Nous grimpons finalement dans Queenstown, direction la Skyline, qui n’est pas une rangée de buildings serrés, mais un téléphérique menant à une piste de luge : nous montons donc pour nous offrir une vue superbe sur la contrée,

et nous redescendons en luge à roulettes sur une piste bitumée,

où Zoé se joint à Anne-Laure pour lutter de vitesse contre Lily dans son char, et moi dans un autre. C’est assez rigolo, mais trop rapide, comme toujours. Nous mangeons dans la cafétéria panoramique du lieu, qui, Ô Joie, offre des menus pour enfants SAINS : adieu nuggets-fish’n’chips-pizzas ; bonjour légumes-poulet-fruits-yaourt !

Après la Skyline, nous nous arrêtons au Kiwi Wildlife, qui garantit de voir des kiwis pour de vrai ! Ils sont en fait élevés dans une sorte d’aquarium, avec une lumière infrarouge pour ne pas les perturber. Nous assistons à la séance d’alimentation, qui nous permet de voir, une fois nos yeux accoutumés à l’obscurité, un kiwi dans chacun des deux enclos ; ces grosses poules à poils ventripotentes au long bec fin.

Puis nous descendons dans Queenstown, ville ultra-bondée, pour nous arrêter sur les quais et manger une glace. Tous les magasins chics et de marques se sont installés sur la rive entièrement rénovée ; les pavés ont l’air de provenir de Disneyland.

Nous empruntons ensuite la route scénique qui passe à travers les Queens Range, et c’est à nouveau les lacets à n’en plus finir et des vitesses à moins de 50 km/h. Raymond est fatigué et accroche le campervan sur un poteau ; Anne-Laure le remplace au volant, car Danielle ne peut pas conduire avec son pied abîmé. Nous arrivons, fatigués, à Wanaka, mais le spectacle nous fait chaud au cœur : un lac bleu magnifique bordé d’arbres, encadré de deux montagnes tirées de dessins pour enfants.

Notre emplacement au camping est situé tout en haut, avec une vue imprenable,

avec couchers de soleil en direct et voie lactée pour la pause pipi nocturne.

La ville de Wanaka aussi est agréable : plus petite que Queenstown, beaucoup moins bondée, une longue plaine herbue longeant le lac (j’allais dire la mer), des restaurants sympas et des petits commerces avec juste ce qu’il faut. Nous proposons aux filles de nous y installer définitivement : refus catégoriques et unanimes ; pleurs de Lily ; non, non et non de Zoé. Elles veulent rentrer à Québec ; elles préfèrent Québec. Notre objectif – un de nos objectifs – en faisant ce tour du monde était de montrer aux filles combien elles avaient de la chance de vivre au Canada, dans les conditions les plus optimales qui puissent exister aujourd’hui sur Terre. Et étonnamment, ce n’est pas dans les pays les plus galère qu’elles ont évoqué leur attachement à Québec, mais ici, à Wanaka, devant ce spectacle de rêve ; marrant, non ?

Ce que nous n’avons pas réalisé tout de suite, Anne-Laure et moi, et ce n’était pas notre objectif, c’est combien Québec nous manque à nous aussi. Il est heureux de constater, 11 ans après avoir immigré, que notre choix était le bon.

Wanaka a plein de petits coins à visiter : nous nous arrêtons sur une plage de sable à gravillons, et nous nous demandons un moment à qui appartient cette tête qui affleure au loin… c’est un phoque, finalement, qui joue dans l’eau. Une mamie va se baigner, mais nous jugeons l’eau trop froide.

Nous allons ensuite stationner les campervans le long de la plaine et nous testons un restaurant et ses bières, face au lac. Puis les femmes vont magasiner tandis que les hommes accompagnent les moins de 8 ans aux jeux. En rentrant au camping, nous descendons vers l’eau nous promener sur la berge et chercher ce fameux arbre qui pousse dans l’eau. Les filles lancent des cailloux et nous préparons l’apéritif.

Le lendemain, nous partons explorer la berge dans l’autre sens, le long d’un sentier qui relie le camping à Albert Town.

C’est pas très loin, genre 2-3 bornes, mais nous traînons pour prendre des photos et jouer avec les cailloux et les branchages, selon les âges. Nous arrivons à midi bien tassés sous des nuages gris qui menacent. Nous nous installons quand même en terrasse d’un pub pour goûter la bière et, optionnellement, manger.

Ensuite, Danielle et les filles n’ont pas tellement le courage de refaire la route à pied, c’est donc Anne-Laure et moi qui repartons chercher les campervans, à une allure un peu sportive, qui nous fait le plus grand bien : pouvoir marcher à notre rythme, sans entendre râler, hé, hé !

Nous récupérons la petite troupe sous une pluie fine et nous nous dirigeons vers le vignoble du coin, qui offre des dégustations : moment privilégié pour Danielle et Raymond !

Après ces trois nuits à Wanaka, nous partons vers le nord-ouest et ses glaciers. La route est belle et pleine de petits ponts à une seule voie, où il faut laisser la priorité. Nous surplombons des cours d’eau glacés à l’eau turquoise et nous nous arrêtons dans ces Blue Pools,

des piscines naturelles au-dessus desquelles des petits ponts sont suspendus ; des jeunes se défient pour en sauter.

Une fois la côte atteinte, nous nous arrêtons sur la plage ; petit plaisir de Danielle, mais où les mouches des sables (sandflies) nous bouffent les mollets !

Nous nous grouillons donc de reprendre nos machines à roues et taillons la route vers l’intérieur des terres.

Nous arrivons à Fox Glacier assez tard et, pleins de courage, nous choisissons plutôt d’aller au restaurant attendre passivement qu’on nous serve. Le camping a justement une terrasse assez courue, et nous nous joignons joyeusement à la foule.

Nous partons tôt le lendemain matin à la découverte du Franz Josef Glacier, car la météo menaçait pour l’après-midi. Nous nous sommes bien couverts, avec polaire et tout, car de gros nuages nous accueillent tout d’abord sous la canopée. Mais une fois cette première barrière franchie, un micro-climat nous offre son soleil de plomb, comme si le Franz Josef était protégé des petits joueurs par un mur de brouillard, qui s’écartait face aux plus vaillants : nous.

Le chemin se poursuit dans une sorte de désert de pierres, entrecoupé de cascades,

puis grimpe raisonnablement. Après une bonne heure de marche, Danielle n’en peut plus et nous propose de continuer sans elle.

Mais l’arrivée est juste là, à quelques mètres encore, et le dernier effort est fourni pour nous retrouver tous ensemble, à distance raisonnable du glacier, pour ne pas l’abîmer plus que la fonte déjà sévère…

Après ce bel exploit, nous profitons tranquillement de l’après-midi et sommes frais et dispos pour les plus de 3 heures de route vers Arthur’s Pass, encore plus au nord,

où nous arrivons en fin de matinée, après le passage d’un superbe viaduc : une gouttière en béton a même été installée au-dessus de la route pour détourner une cascade et laisser passer les autos dessous librement.

Il est déjà un peu tard pour envisager la balade très courue vers la cascade du Devils Punchbowl ;

le centre d’interprétation nous conseille plutôt d’entamer la promenade à l’ouest vers la passe. Danielle préfère rester dans le campervan à écrire ; Raymond nous accompagne. C’est une randonnée facile, principalement sous couvert de bois,

qui nous permet au final d’admirer la cascade de loin, et même d’en découvrir une autre, planquée. Nous redescendons ensuite pour aller manger. Le village d’Arthur’s Pass, constitué d’une seule rue, est très touristique, et nous trouvons avec difficulté une table où manger des sandwichs. Raymond et Danielle se commandent une pizza, qui sera tellement grosse qu’on l’emportera pour s’en faire une second repas !

Nous ne traînons pas ici car, encore une fois, la route sera plus longue que prévue pour le prochain spot. Nous repartons vers la côte et nous arrêtons en chemin à Punakaiki, porteur d’une curiosité géologique : des roches en forme de crèpes! Pancakes Rocks, c’est d’ailleurs le nom. La falaise semble constituée de multiples couches superposées de sable solidifié.

Le temps de visiter et manger une glace industrielle, nous suivons la côte encore un moment et bifurquons vers Murchison. Nous trouvons un camping perdu, qui semble exclusivement réservé aux allemands, à tendance Hippie-Abba et qui fait des pizzas. On nous autorise à y manger, pour peu qu’on montre le cash. Une piste de danse à paillettes jouxte la salle de restaurant. Puis nous reprenons la route de montagne. Les lacets s’enchaînent, les montées et les descentes aussi, et la nuit tombe pendant que nous roulons aussi vite que possible. Raymond fatigue et Anne-Laure prend le relais. Nous appelons le camping pour nous excuser d’avance, et nous arrivons après 22h, accueillis assez froidement par la propriétaire qui sort de son énorme roulotte – on la comprend ; elle ferme d’habitude les portes à 20h30. On se brosse les dents sous la voie lactée.

Le dernier bout de route vers Abel Tasman est plus court aujourd’hui, et nous y arrivons en début d’après-midi. Le camping est idéalement situé de l’autre côté de la route qui longe la mer, nous enfilons donc les maillots de bain et parcourons les 600 mètres qui nous séparent de l’eau (marée basse). Le cadre est idyllique : Abel Tasman est couvert de mini-îles verdoyantes ; le sable est fin ; l’eau est turquoise, à température agréable ; le top !

Danielle préfère prendre une journée off le lendemain, et nous partons à 5 explorer le parc national, en prenant un bateau-taxi. C’est assez cocasse : le rendez-vous est fixé sur un stationnement, où vient nous chercher le bateau, porté en remorque par un tracteur.

Une flanquée de tracteurs remontent ainsi la rue jusqu’à la rampe d’embarquement et déposent leur colis directement sur l’eau.

Le bateau-taxi nous emmène d’abord voir la Split Apple, une curiosité locale, un bout de rocher rond qui s’est fendu en deux et qui affleure,

puis les phoques nager autour d’une petite île, et enfin plus au nord, à Torrent Bay, où nous débarquons. Nous avons 5 heures pour faire le tour de la baie, avant que le bateau-taxi retour ne vienne nous chercher. Entretemps, nous avons deux superbes balades à faire : Cleopatra’s Pool, tout d’abord, à moins d’une heure de la plage, une cascade d’eau glacée qui a formé des creux tous lisses dans les rochers, comme des petites piscines où le (nombreux) touriste vient se rafraîchir. On s’est baignés viteuf – mais quand même on s’est baignés ! – avant de se rhabiller et de trouver un spot au soleil sur les rochers pour déballer nos sandwichs. Nous avons ensuite repris la marche, à l’ombre des arbres et des fougères qui bordent le chemin,

vers notre seconde destination : la plage de l’autre côté de la baie. Simple. Avec quelques montées quand même, quelques raclements de pieds aussi, quelques « quand est-ce qu’on arrive » ; la routine, quoi. Raymond et Anne-Laure prenaient des centaines de photos et à chaque tournant nous pouvions admirer la mer, ses lagons et ses plages.

De retour sur la plage principale, en attendant le taxi, nous nous baignons près d’un gros rocher où tout le monde a gravé son nom. Les filles s’inventent des jeux pendant que j’admire les cristaux noirs s’étaler sur la grève au grès des vagues et étinceler sous le soleil.

Après le parc d’Abel Tasman, notre route passe par Nelson. Pourquoi fantasmions-nous sur Nelson comme un lieu de culture et de magasinage ? Aucune idée, mais on a été bien déçus : à 16h30 tout était fermé. Nous avons trouvé un bon restaurant devant une cathédrale moche. Heureusement, le camping est sympa, au bout d’une route bucolique, étroite et pleine de virages. Nous étions contents une fois de plus d’avoir choisi des campervans de petit format. Nous sommes dans une baie avec des gros galets.

Apparemment, un feu s’est déclaré dans une autre vallée, et des cendres nous retombent dessus.

Nous quittons donc Nelson sans trop de regrets et atteignons Picton où nous prenons le ferry pour l’île nord et Wellington. La traversée est longue, et nous n’avons pas eu le temps de manger avant l’embarquement qui a pris de l’avance. Nous pique-niquons donc sur le bateau, qu’Anne-Laure, Lily et moi agrémentons d’un cachet anti-mal de mer. Danielle n’en prends pas et sera malade. Il y a un cinéma dans le bateau qui diffuse (encore) Mary Poppins. Anne-Laure y emmène les filles, mais Zoé s’ennuie et préfère me rejoindre pour aller aux jeux, en sous-sol, bien au frais de la climatisation. Je me super-caille. Zoé est pied nus et s’éclate avec ses nouveaux amis.

A Wellington, nous avons encore 20-25 minutes de route plein nord jusqu’au camp Elsdon, rudimentaire mais suffisant pour la nuit, avec une cuisine accueillante. Car nous n’avons pas le temps de nous attarder : le temps prévu sur l’île nord nous est compté. Nous filons donc rapidement vers Taupo, à 5h de là. Nous faisons une pause en cours de route dans un outlet IceBreaker histoire de refaire des emplettes pour l’hiver prochain. Nous vidons le magasin. Avant d’arriver au lac Taupo, nous traversons les paysages de végétations luxuriantes, puis affrontons l’aridité des montagnes et des volcans, avec le Mordor en toile de fond. C’est beau, mais rien d’aussi spectaculaire que dans l’île sud. Nous nous arrêtons aussi à Turangi, juste sous le lac Taupo, pour une petite promenade le long de la rivière.

Le lac Taupo est le plus grand de Nouvelle-Zélande. Le long de la Thermal Express Highway, des fumerolles nous surprennent par endroits, témoins de l’activité volcanique du coin. Ce soir, nous dormons en chambres, ce qui fait du bien à tout le monde. En bas du camp, des jeux et des sources d’eau chaude sont ouvertes aux clients, dont nous profitons immédiatement.

Nous n’avons qu’une heure de route jusqu’à Rotorua, c’est presque reposant ! Nous nous promenons au bord du lac avant d’aller aux « Craters of the Moon » : un immense paysage rempli de volutes et trous sulfureux (ça pue l’œuf pourri). La balade nous tient les pieds au chaud. Certains cratères sont boueux, d’autres sifflent, et tous fument.

Nous continuons notre route vers les Huka Falls,

au débit d’eau glacée impressionnant !

Et enfin nous arrivons à Wai-O-Tapu, le volcanic wonderland, qui nous accueille avec son odeur de souffre. Il y a plusieurs chemins à travers des lacs d’eau de toutes les couleurs : du gris au jaune d’œuf,

à la piscine de champagne orangé et au lac vert fluo épais.

Des fumerolles blanches nous enveloppent de partout et Lily est franchement dégoûtée par l’odeur. C’est fascinant. En partant, nous passons voir un énorme bain de boue qui fait plop!

Dodo ce soir à Rotorua : notre camping donne sur la plage, dont le sable est chaud. Nous creusons une rigole pour y faire venir l’eau et prendre un bain de pieds. Pas de supermarché dans le coin : nous nous contentons du dépanneur, car nous n’avons plus aucune réserve.

Samedi c’est jour de marché à Rotorua, sponsorisé par le Rotary Club. Malgré le nombre de stands, très peu présentaient de l’artisanat ou même des vêtements ; la plupart vendent de la bouffe ; nous nous rendons compte que ce marché est surtout une sortie de fin de semaine, comme aller au parc ou à la plage. Heureusement, il y a une aire de jeu amusante et les filles en profitent sous un soleil de plomb et dans les odeurs de souffre omniprésentes. Nous y achetons des plats vietnamiens succulents avant de continuer notre remontée éclair vers le nord et le Hot Water Beach Camp : un gros camping très agréable et éclectique, car alors que nous occupons deux emplacements plats pour nos campervans, il y a des yourtes blanches en arrière, ainsi que des petits chalets en bois plus loin, ou carrément des baraquements style maison ; pour tous les goûts ! Les douches peuvent accueillir une famille et les éviers sont assez grands pour faire la vaisselle d’une meute de scouts.

Nous louons 3 pelles et traversons la route pour aller à la plage creuser notre trou : c’est le grand jeu ici, pour aller y puiser de l’eau chaude et s’y baigner ; on l’a vu dans la pub ! Nous nous y mettons donc courageusement, au bord de centaines de gens déjà en train de creuser de leur côté. Nous entamons un bon 50 cm de sable, sans eau pourtant. Bizarre.

Les filles continuent avec entrain pendant que je pars espionner l’ennemi. En fait, nos voisins non plus n’ont pas d’eau, il faut remonter plus haut sur la plage, et non près de la mer (contre-intuitif), puis creuser jusqu’à deux mètres de profondeur pour avoir un fond d’eau – brûlante – mêlée au sable. L’ambiance est bon enfant, les gens m’invitent à partager leur bain de pieds, c’est cool. L’enthousiasme est communicatif, mais pas au point de creuser 2 mètres ; les filles abandonnent et on va tous se baigner en mer, raisonnablement chaude quand même, avec de beaux rouleaux.

Il pleut durant la nuit et ça ne s’améliore pas au petit-déjeuner, que nous prenons dans la salle commune sur de belles tables taillées direct dans l’arbre. Notre objectif du matin est Cathedral Cove, une formation rocheuse intéressante, et le soleil sort le temps d’y arriver. Malheureusement, le service de bateau-taxis n’opère pas aujourd’hui à cause des conditions météo houleuses, et y marcher nous prendrait la journée, ce que nous n’avons pas. Nous nous contentons donc d’une balade en bord de mer. Danielle nous attend pendant que nous grimpons sur le début du sentier. Un beau point de vue sur la côte s’offre à nous,

et en redescendant, nous jouons un moment avec les vagues qui lèchent la plage pendant qu’Anne-Laure et Raymond jouent avec leurs appareils photo.

Nous sommes sur la dernière ligne droite vers Auckland, pas droite du tout d’ailleurs. Nous visons l’aéroport pour rendre nos campervans chez Jucy ; nous n’en aurons plus besoin en ville. Il n’y a pas vraiment de formalités pour rendre les campers, mais Danielle et Raymond préfèrent signaler la griffure sur la porte de leur van et doivent payer les « frais de dossier » malgré l’assurance tout risque que nous avions prise.

L’appartement d’Auckland est de style new-yorkais, avec des verrières au-dessus des portes, des tuyaux apparents et des plafonds peints en noir. Il y a des jeux dans un coin, une guitare appuyée sur un antique meuble-radio, et des bières au frigo ; sympa !

Nous marchons dans Auckland et traversons l’Albert Park,

qui comporte un « Speaker’s corner » ouvert à tout orateur, pour peu qu’il suive quelques règles de bienséance type respecter les opinions des autres, et ne pas dépasser 15 minutes si d’autres attendent leur tour pour s’exprimer.

Nous descendons jusqu’à la Auckland Art Gallery, qui présente notamment dans un long couloir toute une série de portraits de chefs et cheffes Maoris, impressionnante.

Nous mangeons sur les quais, puis nous errons dans les rues commerçantes autour de Queenstreet jusqu’à la Sky Tower, que nous grimpons en bons touristes. Des gens s’entraînent au saut à l’élastique sous nos pieds.

La vue panoramique est nickel, avec un ciel bien dégagé : on voit les autoroutes et les arbres découper la ville en quartiers.

Le jour du départ, nous dénichons in extremis une galerie d’art maoris, près de la marina. Les prix sont triplement exagérés, nous ressortons sans rien et prenons un taxi pour l’aéroport, car nous repartons, nous pour l’Australie, Raymond et Danielle pour le Canada.

C’est le temps des bilans : nous avons parcouru plus de 2000 bornes sur l’île sud et plus de 800 au nord. Le sud reste notre favori, tant les paysages changeaient d’une vallée à l’autre ; la météo aussi ! C’était comme traverser 10 pays différents et 4 saisons en 2 semaines. Mais les distances et le temps sont élastiques : ce qui nous prendrait normalement 2 heures à parcourir nous en prenait pratiquement 4 à cause des lacets incessants et des dénivelés que notre camper ne pouvait pas prendre à plus de 50 km/h. Parfois 30. Enfin, il y a tellement de randonnées à faire, et si peu que nous ayons entamées, qu’une deuxième tournée vaudrait la peine !

À bientôt NZ !


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